Alitalia n’est pas encore sortie de l’auberge italienne

Il faut trouver des investisseurs.
Défiance de la clientèle.
Après avoir signé avec les syndicats la révision des contrats de travail de toutes les catégories de personnel, la direction d’Alitalia et les principaux syndicats sont parvenus mercredi à un accord de principe sur la nouvelle structure de la compagnie, qui garantit le maintien de l’État à 30 % de la société contre 62,37 % aujourd’hui. La recapitalisation de la compagnie, qui pourrait être comprise entre 1 et 2 MdE, et sa privatisation prévues début 2005, seront réalisées via l’entrée « d’investisseurs institutionnels ». Dans sa nouvelle configuration, Alitalia conserve les activités de transport aérien et garde son nom. Les services au sol seront transférés dans une nouvelle entité baptisée AZ Service et détenue à 100 % par Alitalia avant que 49 % ne soient repris par un actionnaire à capitaux publics. Pour tenir jusque-là, la compagnie, dont « les caisses sont proches de zéro » selon son PDG Giancarlo Cimoli, devrait bénéficier d’un crédit-relais de 400 ME. Mais la mise en application de ce plan de marche ne se fera pas sans turbulences. « Il est très difficile de trouver des investisseurs alors que vous réalisez des pertes. Je serais intéressé de savoir comment Alitalia va faire », relève Chris Avery, analyste de JP Morgan. L’autre question délicate se situe au niveau commercial. « La clientèle s’est détournée, notamment de peur que la société ne ferme », souligne David Jarach, consultant et professeur de marketing du transport à l’université milanaise Bocconi. Alitalia ne possède plus que 45 % du marché italien. « Aucune compagnie ne peut espérer gagner de l’argent avec une part de marché national inférieure à 50 % », précise-t-il.

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