Brexit : Le patron d’Air France ne veut pas qu’Easyjet et British Airways aient « le beurre et l’argent du beurre »

Mercredi, Jean-Marc Janaillac, PDG du groupe Air France KLM, a été auditionné par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. L’occasion de balayer la riche actualité du groupe franco-néerlandais, mais également celle du secteur tout entier.
Après avoir dressé un état des lieux d’Air France KLM, des points forts et des points faibles du groupe, de ceux d’Air France en particulier et des challenges qui l’attendent (le projet Trust Together, la nouvelle compagnie…), le nouveau PDG a répondu à une batterie de questions, pour le moins variées, émanant des sénateurs qui composent la commission. Des problèmes de liseuses à bord des appareils de la flotte domestique (visiblement au cœur des préoccupations des sénateurs) à ceux générés par la concurrence des compagnies du Golfe, l’émergence du modèle low cost long courrier, la pérennité du pavillon français, en passant par la compétitivité, les taxes ou encore les redevances, tous les sujets, de plus ou moins grande importance ont été abordés. Parmi eux, le Brexit. Sur ce point, le PDG s’est montré particulièrement concerné. Pour lui, l’Europe, "soit on est dedans, soit on est dehors". Et d’ajouter: "Pour les compagnies britanniques, cela va être une question cruciale, cela veut dire qu’en cas de Brexit sans accord, Easyjet par exemple ne pourrait plus opérer entre Paris et Toulouse ou Paris et Nice, et devrait créer une autre compagnie pour opérer".
Autre facteur, "aujourd’hui British Airways possède Aer Lingus, Iberia et Vueling, demain, ils n’auraient plus le droit de posséder ces compagnies et le groupe IAG éclaterait. Je pense que les compagnies anglaises vont essayer de trouver un accord. Nous, nous serons très vigilants, et nous souhaitons l’appui de l’Etat français dans ce domaine, pour qu’à mêmes droits correspondent mêmes obligations". Et de conclure: "pour nous, le pire serait d’avoir des compagnies britanniques qui aient les mêmes droits que les compagnies européennes sans avoir les mêmes obligations, en d’autre termes qu'elles aient le beurre et l’argent du beurre".

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste – Rubrique Transport – Le Quotidien du Tourisme

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