CDG Express : Des compagnies françaises interpellent le préfet de Paris

Transport

Cela fait longtemps que le Scara (le syndicat des compagnies aériennes autonomes) qui regroupe Air Tahiti, Ewa Air, Air Calédonie, Air Tahiti Nui, ASL Airlines France, Atlas Atlantic Airline, Air St Pierre, Air Corsica et Air Austral est contre le projet CDG Express. Le 31 mars dernier le préfet de Paris et d’Île de France a signér un arrêté de déclaration d’utilité publique du projet. Le syndicat lui a écrit une lettre ouverte que nous publions.

 

« Monsieur le Préfet,

Vous avez, en date du 31 mars dernier, signé l’arrêté inter-préfectoral 75-2017-03-31-010 de déclaration d’utilité publique modificative du projet Charles de Gaulle Express (CDG Express).

Depuis son lancement, le Scara connaît bien ce projet et s’inquiète de sa pertinence opérationnelle et de la menace qu’il fait peser sur les compagnies aériennes, puisque son financement repose en partie sur la taxe qui sera prélevée sur les billets d’avions des seules compagnies opérant à CDG .

La commission d’enquête d’utilité publique avait émis dans ses conclusions deux réserves sur la levée desquelles se fonde la décision de déclaration d’utilité publique de cette liaison ferroviaire CDG Express.

La réserve N° 1 porte sur l’établissement « d’un plan de financement avec répartition chiffrée selon les modalités prévues (acteurs, nature et montants). »

 

Le Scara s’interroge sur la levée de cette réserve pour trois raisons :

 

– le maître d’ouvrage s’est engagé à respecter la recommandation N° 3* qui nécessite d’importants investissements non budgétés, lesquels viendront s’ajouter au budget initial de 1 410 millions d’euros prévus pour les seuls investissements d’infrastructure.

– les modalités du franchissement du périphérique au niveau du 18e arrondissement de Paris ne sont pas précisées alors qu’elles nécessiteront également des investissements importants non encore budgétés.

– le plan de financement repose sur des prévisions de trafic de 8 millions de passagers par an et un prix du billet d’un montant de 24 euros par trajet. Sachant que le prix pour deux passagers avoisinera le prix d’un déplacement en taxi ou en VTC et que la ligne 17 du métro desservira l’aéroport de Paris-CDG en moins de 30 minutes pour un tarif de l’ordre du prix d’un ticket de métro, le Scara s’interroge sur la vraisemblance des actuelles prévisions de trafic.

 

*Recommandation N°3 : Pour favoriser les interconnexions : Pour la commission d’enquête la liaison piétonne souterraine est indispensable entre les gares du Nord, de l’Est et Magenta pour assurer l’efficience de la liaison CDG Express avec les diverses connexions possibles des transports franciliens et des TGV. L’installation d’un tapis roulant est inéluctable pour la mise en service du CDG Express et ceci quel qu’en soit le financeur consortium ou STIF.

 

La réserve N° 2 demande d’ « établir une grille de circulation confirmant l’absence d’impact sur le fonctionnement des lignes existantes, RER B et lignes K et H du Transilien. »

Le choix de faire passer le CDG-Express sur les lignes existantes du RER B et K et H du Transilien le rend inévitablement tributaire de leurs aléas d’exploitation. Selon le rapport du STIF, la ponctualité du RER B à fin septembre 2016 était de 89,7% soit très en dessous du niveau de qualité de service attendu du CDG Express.

 

Dans ces conditions, le Scara s’interroge sur les éléments nouveaux qui ont conduit à la levée de cette réserve N°2.

 

La solution alternative plus efficace opérationnellement et moins coûteuse proposée par le Scara, à savoir utiliser l’infrastructure de la ligne 17 pour faire circuler des navettes spécifiques « CDG Express », n’a encore jamais fait l’objet d’une étude.

 

Compte tenu des interrogations qui persistent quant au financement global du projet CDG-Express et à sa qualité de service, le Scara demande à ce que le projet soit gelé, et à ce que la solution alternative préconisée par le Scara soit étudiée.

 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de nos respectueuses salutations ».

 

Publié par La Rédaction
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Vos réactions

  1. Je comprends mieux maintenant pourquoi à chaque fois qu’il y a des plans de grands travaux il y a d’énormes dépassements budgétaires. L’administration n’est pas fichue de budgéter l’intégralité du projet dès l’origine !

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