CDG Express : un projet « honteux, absurde et dépassé » pour certaines compagnies aériennes françaises

Transport

Depuis de longs mois maintenant, le Scara (syndicat des compagnies aériennes autonomes qui regroupe 40% des compagnies aériennes françaises, basées en métropole et dans les territoires ultra-marins ainsi que des sociétés d’assistance aéroportuaire et de formation) tire à boulet rouge sur le projet CDG Express. Et ce n’est pas parce que la ministre des Transports vient d’annoncer que le contrat de concession allait bien être signé que le tir de barrage du syndicat faiblit. Et il n’y a pas que la liaison Paris – Roissy CDG qui soit dans son viseur.

 

Alors que la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a indiqué dans l’édition du 6 février du Parisien que le contrat de concession de CDG Express allait être signé d’ici quelques jours. Alors que l’autorité de régulation des redevances aéroportuaires (ASI) vient de retoquer le groupe ADP sur sa dernière proposition d’augmentation des redevances aéroportuaires (formulé dans le cadre de l’actuel contrat de régulation économique (CRE 3)) et que le sujet des « doubles caisses » aéroportuaires (séparation des activités aéronautiques régulées et commerciales non régulées) reste particulièrement prégnant. Alors qu’ADP se prépare à engager une grande concertation publique autour de la construction du futur terminal 4 de Roissy Charles de Gaulle. Alors que les conclusions des fameuses assises du transport aérien devraient être connues « incessamment sous peu », on voit bien que les sujets concernant le transport aérien ne manquent pas. Ce qui n’a pas échappé au syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara), toujours à la pointe de la défense des transporteurs aériens français.

 

A l’occasion d’une conférence de presse organisée mercredi 6 février, le président du Scara, Jean-François Dominiak (DG d’ASL Airlines France) et le secrétaire général du syndicat, Jean-Pierre Bes, n’ont pas manqué de revenir sur tous ces sujets.

 

Dans leur viseur, les tarifs 2019 d’ADP, pour lesquels ils demandent une baisse de 10% par rapport à 2018 (en révisant à la baisse le cout moyen pondéré du capital– CMPC – employé par ADP dans ses calculs).

 

En ce qui concerne le futur terminal 4 de CDG, le Scara déplore l’absence de transparence en ce qui concerne le financement de ces futures infrastructures, sensées porter à terme la capacité de CDG à 120 millions de passagers. Et estime, en outre, que le problème de la double caisse va à nouveau se poser.

 

Mais c’est bien CDG Express «projet techniquement dépassé, » au « financement absurde » et « honteux sur le plan éthique » sur lequel le Scara tire à boulets rouges. Derrière CDG Express, « il y a des gens qui vont couler du béton et avoir un taux de rentabilité garanti par l’Etat » précise le Scara. Et d’ajouter, « en 2024 (NDLR : année des JO de Paris pour lesquels le projet doit être opérationnel) le RER B sera encore plus saturé qu’aujourd’hui, les rames CDG Express seront vides et la ligne 17 du métro n’ira pas jusqu’à CDG : La situation va être explosive ».

 

 

 

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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