Corsair chassée de la ligne Paris – Dakar ? Ce n’est pas pour demain

Transport
Corsair opère avec des droits « extra-bilatéraux »

Des médias sénégalais ont évoqué l’arrêt de la route Paris – Dakar par Corsair pour cause de retour d’une compagnie sénégalaise sur la ligne. Reste que pour le moment, la future Air Sénégal n’a toujours pas décollé.

Retour d’une compagnie sénégalaise sur la route Paris – Dakar ?

Corsair va-t-elle devoir arrêter de voler entre Paris et Dakar ?  C’est ce que laisse entendre un article du quotidien sénégalais L’observateur paru lundi et repris par plusieurs sites d’information locaux (voir le lien vers l’article du site IGFM, qui appartient comme L’observateur au groupe Futurs Medias et qui reprend celui du quotidien). La cause avancée ? Le retour d’une compagnie sénégalaise sur la route Paris – Dakar, ce qui ne laisserait plus de place pour une 2e compagnie française.

Corsair opère avec des droits « extra-bilatéraux »

Évidement du côté de chez Corsair, qui opère jusqu’à 7 vols hebdomadaires en période de pointe et qui revendiquait en juin 45% de parts de marché sur la route, cette information a de quoi surprendre. Mais visiblement pas d’inquiéter. Antoine Huet, directeur général adjoint de la compagnie française, se dit « très étonné qu’un journal sérieux comme l’Observateur puisse sortir une information de cette nature » et estime que Corsair « opérant avec des droits de trafic « extra-bilatéraux » accordés par l’aviation civile sénégalaise », la compagnie ne serait pas concernée par le retour d’une compagnie sénégalaise sur la route.

Un cas particulier en matière de droits de trafic

En matière de droits de trafic, l’application de l’accord bilatéral qui régit les relations entre la France et le Sénégal est des plus particulières. Normalement, un accord bilatéral définit quels sont les aéroports qui sont desservis, et par quelles compagnies, dans chacun des deux pays et quelles sont les enveloppes de fréquences qui sont allouées. Dans le cas du bilatéral France – Sénégal, l’accord prévoit 2 enveloppes de destinations distinctes : La première entre Paris et Dakar à raison de 7 vols par semaine, la seconde entre les villes de provinces françaises et les villes de provinces sénégalaise à raison de 14 vols par semaine.

 

Initialement les compagnies désignées sur la route reliant les deux capitales étaient Air France d’un côté et Sénégal Airlines de l’autre. Quant aux départs de provinces françaises, ils étaient assurés par Air Méditerranée. Aujourd’hui le paysage a changé. Sénégal Airlines et Air Med ont disparu. Et comme la nature a horreur du vide, d’autres ont pris leurs place. Corsair a négocié de façon extra bilatérale avec le Sénégal et Aigle Azur a récupéré les droits d’Air Med et vole depuis Lyon et Marseille vers Dakar (et non vers les régions sénégalaises).

Quid, du retour d’un opérateur sénégalais sur la route ?

En l’état actuel des choses, la DGAC est formelle : Si demain, le Sénégal dispose d’une compagnie en état d’opérer la liaison, Corsair ne pourrait pas continuer tel qu’elle le fait aujourd’hui. Il y a peu de chance que cela arrive rapidement. Pour le moment, la nouvelle Air Sénégal, dont le décollage effectif est prévu début décembre, au moment du démarrage du nouvel aéroport de Dakar (l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) doit ouvrir ses portes le 7 décembre si les délais sont tenus), ne dispose que de 2 ATR 72-600, destinés à opérer en domestique et en régional et n’a toujours pas finalisé son recrutement. Les opérations long-courrier, qui plus est à raison de 7 vols par semaine, ne sont donc pas pour demain.

 

En tout cas la date de mars 2018 évoqué dans la presse sénégalaise semble des plus ambitieuses pour obtenir avions, équipages, certifications et autorisations. Pour le moment chez Corsair on affiche une forte volonté de coopération avec la nouvelle venue. « Notre position est celle de la coopération, nous pourrions par exemple les aider à alimenter leur réseau domestique et régional » précise un Antoine Huet optimiste, qui ajoute « voir dans le changement d’aéroport une formidable opportunité ». La compagnie va d’ailleurs profiter de l’inauguration pour y poser son appareil équipé de sa nouvelle classe affaires.

 

Sans insulter l’avenir, Corsair a donc toutes les raisons de garder confiance, d’autant plus que de toute façon, avec un peu de volonté politique, un accord bilatéral cela peut se renégocier très vite…

 

 

 

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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