Corsica Ferries : Cinquante ans et toujours l’appel du large

Transport

C’est peut-être parce que ses origines sont un peu révolutionnaires que Corsica Ferries a si bien réussi. C’est en effet le 24 mai 1968 – alors que les liaisons entre la Corse et le continent n’échappent pas aux mouvements sociaux qui paralysent tout le pays – que la compagnie effectue son premier voyage : une traversée entre Bastia et Gênes en Italie (monopole entre la France continentale et la Corse oblige), avec 600 passagers et 60 voitures. Cinquante ans plus tard, Corsica Ferries c’est 13 bateaux, 19 lignes, 3,8 millions de passagers et 1,3 million de véhicules transportés pour la seule année 2017 et jusqu’à 1.700 salariés et 45 traversées par jour en haute saison.

Corsica Ferries : Une rentabilité très élevée

Que de chemin parcouru par l’entreprise bastiaise pour en arriver là! On citera pêle-mêle la naissance de Sardinia Ferries en 1981, l’ouverture de lignes entre la France continentale et la Corse en 1996, l’implantation à Toulon en 2000, le lancement des Mega Express en 2001, la prise du leadership en 2002…

En 50 ans, ce sont près de 80 millions de passagers que la compagnie a transportés. Une réussite en volume qui se double d’une réussite économique : En 2016, l’armateur aux bateaux jaunes battant pavillon italien a généré un résultat net de 40 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros. Une rentabilité qui ferait pâlir n’importe quelle compagnie aérienne !

Un modèle inspiré des compagnies à bas coûts

L’analogie n’est pas gratuite. Car si certains facteurs exogènes comme le prix très bas du carburant  ou la déconfiture de la SNCM participent au succès de Corsica Ferries, c’est bien son modèle économique qui permet de l’expliquer. Et ce dernier est aujourd’hui très proche de celui qu’ont inventé les compagnies aériennes low-cost : Utilisation optimale des coques, desserte de ports secondaires, distribution massivement on-line, tarification pointue et développement des ventes additionnelles…

Corsica Ferries met le cap sur les Baléares

Des défis se présentent néanmoins à l’horizon. D’abord, force est de constater que même si le trafic doit continuer à croitre, le marché entre le continent d’un côté et la Corse et la Sardaigne est aujourd’hui mature. Il est donc nécessaire, pour générer une nouvelle clientèle, de chercher de nouveaux relais de croissance. C’est le sens de l’ouverture, le 21 avril dernier, d’une ligne entre Toulon et Alcudia aux Baléares. Opérée à raison de 2 rotations par semaine, elle doit générer 50.000 passagers par an selon les espérances d’un armateur qui croit en une stratégie de l’offre. Minorque est également dans le viseur de la compagnie.

Le défi environnemental

L’autre grand chantier qui s’ouvre est celui de la conversion énergétique. Le 1er janvier 2020 – autant dire demain – l’annexe VI de la convention Marpol de l’Organisation Maritime Internationale, et les réductions drastiques d’émissions de particules soufrées qu’elle impose, entrera en vigueur. Pour les armateurs, cela se traduit par des choix stratégiques importants (changement de carburant, passage au gaz naturel liquéfié, modifications des échappements…). Les deux nouveaux navires rapides que Corsica Ferries est sur le point de commander devraient, eux, évidemment être à même de répondre aux nouvelles exigences environnementales.

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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