Crash d’Air Asia : la traçabilité des avions en question

Transport

Alors que trois corps ont été repêchée en mer de Java le matin du 30 décembre après le probable crash en mer de l’A320 d’Air Asia, le monde de l’aéronautique soulève, à nouveau, la question de la localisation en temps réel des avions. 
 Déjà après la disparition énigmatique en mars du vol MH370 de Malaysia Airlines avec 239 personnes à bord, le pistage en temps réel par satellite des avions ou la transmission automatique des données de vol avaient été cités comme pistes prioritaires pour la traçabilité des avions.
 
L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), une émanation des Nations unies, avait décidé en mai de travailler à des solutions pour mieux pister les avions. Mais sans date limite. Ces systèmes représentent des coûts supplémentaires pour les compagnies aériennes, dont beaucoup connaissent des difficultés financières.
 
Ce mardi, des corps ainsi que des débris de l'appareil d'AirAsia (vol QZ8501) disparu des radars dimanche avec 162 personnes à bord ont été localisés en mer de Java par les équipes de recherches qui survolaient la zone.
 
Le choix des services ou de la sécurité
Le pistage en temps réel des avions "ne permettra pas de sauver des vies mais de récupérer les débris et les boîtes noires dans un délai raisonnable, ce qui pourrait permettre d'apporter des changements opérationnels et des procédures de sécurité susceptibles de sauver des vies", dit Scott Hamilton, de la société de conseil aéronautique Leeham Co, à l'AFP.
 
L'industrie aéronautique se plaint du coût d'un suivi satellitaire mais en même temps investit des millions de dollars pour que les passagers puissent bénéficier de services à haut débit par satellite, souligne-t-il.
 
Robert Man, un consultant en aviation basé aux Etats-Unis, assure, lui, que les compagnies aériennes veulent "éviter d'agir maintenant" dans l'espoir "qu'à la fin des années 2020, les systèmes fondés sur l'utilisation des satellites soient meilleurs, plus rapides et moins coûteux".
 
Une obligation en œuvre pour les bateaux
"Je ne vois pas l'industrie [aéronautique] mettre en oeuvre le pistage en temps réel si elle n'en reçoit pas l'obligation", comme cela avait été le cas pour l'industrie maritime, ajoute-t-il. En 1988, un amendement à la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (Solas) a rendu obligatoire le suivi en temps réel des bateaux, dit-il.
 
Des outils à améliorer
D'après l'OACI, les solutions techniques qui coûteraient moins de 100.000 dollars par avion existent déjà. L'opérateur satellitaire britannique Inmarsat a, lui, proposé un service de pistage élémentaire gratuit à toutes les compagnies d'avions de ligne du monde.
 
Certains experts estiment qu'il faut également améliorer les performances des balises de détresse dont sont équipés les avions, les transmetteurs de localisation d'urgence (Emergency Locator Transmitter, ELT) permettant de retrouver un appareil en cas d'accident.
 
Pour l’appareil d’Air Asia, comme pour le vol MH370, les secours ne semblent pas avoir dépisté de signal émanant de leur ELT. "Même avec le MH370, le transmetteur n'a pas fonctionné. Pourquoi ne reçoit-on rien dans des incidents aussi graves que ceux-là?", demande Gerry Soejatman, un consultant basé à Djakarta. "L'ELT, c'est ce qu'on a de mieux pour le moment. Mais nous devons l'améliorer", dit-il.
 
On s’en souvient, l'épave du vol AF447 (Rio de Janeiro-Paris) n'avait été localisé qu'en avril 2011, près de deux ans après l'accident qui avait fait 228 victimes. L'avionl avait disparu dans une zone non couverte par les radars, englouti à 3.900 mètres de profondeur et les familles avaient également réclamé alors l'amélioration de la localisation des avions perdus en mer.
(Avec AFP)

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