Défaillance de compagnies : les clients se rebiffent

Transport

Une association de consommateurs interpelle l’Etat.
La CSF réclame la création d’une caisse « pivot ».
D’après elle, Air Lib a coûté 2 ME à 16 000 clients.
Les agences de voyages ont pu, au fur et à mesure de la restructuration du ciel français, c’est-à-dire au fil de la disparition des compagnies des compagnies aériennes, prouver à leurs clients qu’elles leur apportaient une véritable valeur ajoutée. A savoir, une protection en cas de défaillance du transporteur. Seulement voilà, les consommateurs, ou tout du moins une association de consommateurs (la Confédération syndicale des familles ou CSF) trouve un peu fort de café que les clients étant passés en direct soient systématiquement les dindons de la farce. Ils ont donc interpellé le gouvernement – une lettre aurait été adressée au ministère des Transports et à Matignon. Leur demande ? Tout simplement la création d’une « caisse pivot ». C’est-à-dire un système permettant de recueillir les paiements des consommateurs et de les reverser aux compagnies au moment de la réalisation du voyage ou de la rendre au client en cas de défaillance du transporteur. Bref, cela reviendrait à créer une sorte de BSP pour ventes directes. L’allusion n’est pas innocente puisque la CSF semble considérer que l’organisme le mieux placé pour gérer cette caisse ne serait autre que Iata. Reste que pour que cela fonctionne, il faudrait que les clients directs des compagnies règlent le paiement de leurs titres de transport, non pas directement aux transporteurs, mais à un tiers. Or, on peut se demander quelle compagnie accepterait aujourd’hui de s’asseoir, même momentanément, sur sa trésorerie. La CSF a néanmoins un atout convaincant dans sa manche : l’association a fait ses comptes et estime que dans la seule affaire Air Lib quelque 16 000 clients ont perdu environ 2 millions. Si d’aventure les arguments de la CSF étaient entendus par les autorités – et en ces temps d’élections et de polémique sur le pouvoir d’achat tout est possible –, les agents de voyages y perdraient de leur pouvoir de différenciation. Donc de leur valeur ajoutée. Et ça, ils n’en ont vraiment pas besoin.

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