Easyjet tire la sonnette d’alarme sur ses difficultés

Passe difficile pendant 18 mois.
Réduction de voilure en vue.
Ça sent le roussi pour Easyjet. La compagnie britannique rencontre de sérieuses difficultés. « L’hiver sera très rude et cela durera pendant un certain temps. Que ce soit six, douze ou dix-huit mois, nous nous attendons à une passe très difficile », a déclaré en début de semaine à l’agence Reuters le directeur financier d’Easyjet, Chris Walton. La compagnie se plaint « des tarifs pas rentables et irréalistes » de ses concurrents qui l’obligent à réduire le prix de ses billets. Cette baisse de recette unitaire intervient en pleine envolée du prix du baril du pétrole. Easyjet affirme cependant avoir un taux de couverture de 50 % jusqu’en juin 2005, sans indiquer à quel prix. Aussi, la direction entend-elle mettre de l’ordre dans son réseau en fermant les lignes déficitaires au départ des aéroports les plus chers. « S’il y a des aéroports qui facturent des prix insensés, nous nous retirerons », explique Chris Walton. Outre l’arrêt annoncé cet hiver de Zurich-Londres et de Nice-Amsterdam, une autre fournée de suppressions de lignes va suivre. De nouvelles liaisons en revanche vont être créées, vers les pays Baltes notamment. Par ailleurs, les analystes prévoient une révision à la baisse de la croissance des capacités, de 20 % par an actuellement Ce qui signifierait des négociations avec Airbus pour retarder le calendrier de livraison d’appareils. Au-delà des facteurs conjoncturels, les difficultés d’Easyjet remettent sur la table la question de la viabilité de son modèle, très éloigné du low cost originel de Southwest. Son positionnement sur des aéroports principaux, outre le prix élevé de leurs taxes et redevances, rend impossibles les demi-tours en 25 minutes, principal facteur de productivité des avions et de réduction des coûts des low cost. Le fait d’avoir deux types d’avions dans la flotte n’est pas non plus générateur d’économies. Le salut viendra-t-il des aérogares à bas tarifs ? Pas sûr au vu du nombre – insuffisant – de projets en Europe et du délai important de construction. Reste à savoir, si Easyjet a les moyens de laisser passer l’orage.

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