Eurostar baisse ses tarifs affaires

Réductions de 20 % en première à 37 % en seconde contre des achats anticipés.
La baisse est de 13 % sur le plein tarif pour un achat la veille du départ.
Réflexion sur l’ajout d’un aller-retour dans les tranches horaires business.
Moins d’un an après la réduction du temps de parcours à 2 h 35 entre Paris et Londres, Eurostar lance une nouvelle offensive tarifaire à destination de la clientèle affaires. Mercredi, la société ferroviaire a introduit quatre nouveaux tarifs (deux en première classe, deux en seconde), à des niveaux inférieurs à ceux du plein tarif en échange de la mise en place de certaines contraintes. A côté du plein tarif (complètement flexible), commercialisé à 575 euros TTC l’aller-retour en première et à 415 euros en seconde, Eurostar ajoute un tarif à 459 E à l’avant du train et à 259 E à l’arrière, soit une baisse de prix respectivement de 20 % et 37 % par rapport au plein tarif. En revanche, ces nouveaux prix sont assortis de deux contraintes : acheter son billet au plus tard 7 jours avant le départ et le paiement de pénalités en cas de modification ou de remboursement du billet (75 euros en première, 45 E en seconde). « Cette démarche de proposer des prix plus bas si l’on réserve plus tôt répond aux demandes des entreprises, notamment de petite taille », explique Frank Dubourdieu, directeur commercial d’Eurostar. Deux autres nouveaux tarifs font leur apparition dans la grille de la compagnie ferroviaire pour, cette fois-ci, des réservations à J-1. L’un à 499 euros TTC l’A/R en première classe, l’autre à 359 E en seconde, apportant une réduction de 13 % par rapport au plein tarif. Pour Frank Dubourdieu, il ne faut pas interpréter cette agressivité tarifaire comme une difficulté à pénétrer le marché affaires. « Notre trafic affaires augmente de près de 15 % par mois, dans les mêmes proportions que la croissance de l’ensemble de notre trafic (…), nous possédons toujours 65 % de parts de marché [NDLR : air + fer] entre Paris et Londres », indique-t-il, en estimant que cette part sur le segment affaires se situe autour de 60 %. Eurostar, qui doit recevoir ses premières rames réaménagées la semaine prochaine, réfléchit à ajouter un 18e aller-retour quotidien dans les horaires « business ».
Les compagnies aériennes encaissent plus ou mieux bien le choc
Après une réduction de voilure cet été de la part d’Air France, Bmi (moins une fréquence quotidienne) et British Airways (fermeture des trois quotidiens CDG-London City Airport), les compagnies aériennes présentes sur l’axe Paris-Londres ne sont pas toutes logées à la même enseigne face à Eurostar. Le BSP toutes compagnies confondues aurait chuté de 10 % cet été par rapport à l’an dernier. Selon une autre source, le trafic aérien global sur la ligne aurait augmenté de plus de 7 % depuis le début de l’année. Chez Air France, Thierry Jolaine, chef de produit Europe, indique que les prévisions sont respectées. Avec sa nouvelle grille tarifaire introduite sur l’Europe au printemps, Air France a su résister malgré la part délirante des taxes (64,10 euros pour un billet vendu 93,10 E TTC l’A/R). De plus, ses cinq vols quotidiens sur le London City Airport, au cœur de Londres, rencontreraient un bon succès auprès des hommes d’affaires. Du côté de BMI, la surprise est de taille. Après une baisse continue sur le segment affaires depuis trois ans, la compagnie a enregistré de janvier à juillet une hausse de trafic de 3,8 % par rapport à la même période de l’an dernier pour une augmentation de chiffre d’affaires de 5,4 %. Clientèle haute et basse contribution confondues, Michel Turini, directeur des ventes France de Bmi, enregistre une hausse de trafic de 20 %. Interrogée, British Airways n’était pas en mesure de nous donner sa tendance. Quant aux résultats d’Easyjet, présente sur CDG-Luton, ils ne seraient pas fameux. Selon nos informations, la low cost réfléchirait à réduire ses fréquences.

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