Grand Large confronté à la peur des clients

Transport

Des clients assignent l’agence pour ne pas avoir su le nom du transporteur.
Ils estiment qu’Air Plus Comet n’est pas sûr après des recherches sur le Net.
Marsans et le distributeur ont agi dans le cadre de la loi de juillet 1992.
Le drame de Charm el-Cheikh a-t-il fait plonger le client dans des peurs irrationnelles au point qu’il n’hésite plus à se prendre pour un expert en sécurité aérienne ? Un groupe de vingt personnes vient d’assigner en justice son agence, Grand Large Voyages, après avoir annulé un voyage pour la République Dominicaine quinze jours avant le départ. Tout cela parce qu’ils ont appris que le vol devait se dérouler sur Air Plus Comet alors que les brochures de Marsans indiquent Aéris ou Corsair. Bruno Gallois, directeur général du tour-opérateur, explique avoir agi dans les règles. « C’est un vol réalisé par Air Plus Comet sous pavillon Corsair, c’est indiqué sur nos bons d’échange. » Il ajoute : « Cette compagnie possède tous les agréments nécessaires. » Il souligne que la problématique est identique « pour Star Airlines avec Iberworld » ou même pour Air France qui affrète d’autres compagnies. Janie Bousquet, PDG de Grand Large Voyages, précise que son bulletin d’inscription, en conformité avec la loi du 13 juillet 1992 (Cf. encadré), indiquait que les clients allaient voyager avec un vol charter. Elle aurait néanmoins aimé que Marsans puisse lui indiquer le nom de la compagnie. Bruno Gallois met aussi en accusation les médias qui ont fait leurs choux gras de la prétendue insécurité des vols charter. Qu’importent ces arguments pour les clients qui, sur la base d’informations piochées dans des chats sur Internet (!), ont décidé que cette compagnie n’était pas sûre. Résultat : ils perdent non seulement leurs vacances mais aussi 50 % du montant du voyage qui correspondent aux frais légaux d’annulation. Selon Janie Bousquet, « ils en veulent à Marsans » et semblent sûrs de leur bon droit. Le tour-opérateur explique qu’il fera ce qu’il peut pour proposer des solutions de remplacement sur d’autres destinations. Et, si un procès devait avoir lieu, ses conclusions seront à étudier tant elles peuvent avoir des conséquences – bonnes ou mauvaises – pour toute une profession.
La loi de 92 ne donne pas raison aux clients
L’article 98 du décret du 15 juin 1994 pris en application de la loi du 13 juillet 1992 semble aller dans le sens de Grand Large Voyages et de Marsans. Il indique en effet que le contrat conclu entre le vendeur et l’acheteur doit comporter « les moyens, les caractéristiques et les catégories des transports utilisés, les dates, heures et lieux de départ et de retour ». Nulle part, il est indiqué que le nom de la compagnie doit figurer sur le bulletin d’inscription. Cette indication ne semble ni obligatoire ni contractuelle sauf à considérer que l’identité de la compagnie aérienne apparaît bien comme une des caractéristiques du transport. Néanmoins, la loi pourrait être réformée pour obliger les tour-opérateurs à donner aux clients le nom des compagnies avec lesquelles ils vont voyager au moment de l’acte d’achat. C’était le vœu du gouvernement après le crash de Flash Airlines. Une disposition, on l’a compris, qui durcirait la responsabilité du distributeur et rendrait encore bien plus difficile la tâche des tour-opérateurs. Un client qui ne bénéficierait pas des services de la compagnie nommée dans le bulletin d’inscription pourrait alors opposer à son agence une modification du contrat. Mais, il faut le rappeler, ce n’est qu’un projet. Et, par définition, il ne fait pas force de loi.

Publié par La Rédaction

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