Grève à Air France : Le blocage total se précise

Transport

Opposés aux conditions de développement de Transavia, le principal syndicat de pilotes d'Air France (SNPL AF Alpa) a appelé à une grève reconductible du 15 au 22 septembre. Lundi, environ la moitié des vols a été annulée. Une situation qui devrait empirer d'ici mercredi. La direction explique que le mouvement pourrait empêcher le retour d'Air France dans le vert. Le PDG du groupe Air France-KLM a laissé entendre que la grève entamée par les pilotes français pourrait compromettre le retour aux bénéfices de la compagnie. "Air France devrait être bénéficiaire cette année si la grève n'impacte pas ses efforts", a déclaré Alexandre de Juniac à la presse, au siège du groupe. Pour mémoire, en 2013, le groupe franco-néerlandais avait enregistré un bénéfice d'exploitation de 130 millions d'euros contre une perte de 336 millions en 2012. Si l'entité hollandaise KLM était largement bénéficiaire, Air France accusait encore une perte de 174 millions que la direction entendait résorber cette année. Au premier jour de la grève au moins la moitié des avions d'Air France ont été cloués au sol lundi faute de pilotes. Et la situation devrait empirer, jusqu'à la paralysie mercredi, selon les syndicats. Mardi, la proportion de pilotes en grève restera stable à 60%, mais la situation devrait se dégrader pour les passagers, car certains pilotes appelés en renfort lundi devront être mis au repos : la compagnie prévoit d'assurer 40% des vols, contre 48% lundi. "Quand la compagnie aura épuisé le réservoir de pilotes de l'encadrement", contraints au repos après avoir été appelés en renfort lundi, "on arrivera au blocage total", a estimé dimanche Julien Duboz, porte-parole du Spaf (Syndicat des pilotes d'Air France). Un pronostic partagé par Jean-Louis Barber, président du SNPL AF Alpa : si le taux de grévistes "reste aussi élevé" (75% lundi selon lui), "on peut imaginer" que ce sera "bloqué" mercredi. Les syndicats craignent que le nouveau plan stratégique "Perform 2020" n'ouvre la voie à une "délocalisation" des emplois de pilotes et au "dumping social", quand la compagnie y voit, notamment à travers le développement de Transavia, un levier de croissance déterminant.

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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