La dérégulation change les relations entre les compagnies et GDS

Pour Sabre, Northwest viole l’accord DCA qu’elle avait signé auparavant.
Avec la dérégulation des GDS Sabre a pu « biaiser » son système d’affichage.
D’après certains observateurs, il y a peu de chance que Northwest persiste.
L’affaire Northwest contre Sabre (Cf. QDT n° 2411 du 31/08) n’aurait pas pu se dérouler si l’activité des GDS était encore régulée aux États-Unis. Chronique d’une guerre annoncée. Avant la dérégulation américaine de l’activité des GDS (une activité toujours régulée en Europe, qui oblige les systèmes de distribution à traiter toutes les compagnies sur un pied d’égalité), Northwest signait avec Sabre un contrat dit DCA d’une durée de 3 ans. Contrat qui aurait stipulé que la compagnie voyait ses coûts de distribution baisser (d’environ 10 % selon Sabre) et que ces derniers seraient fixes pour une durée de 3 ans. En échange, elle était censée donner à Sabre l’ensemble de ses tarifs, sans discrimination. Il y a quelques jours, la compagnie a donc décidé d’appliquer un surcoût pour toute réservation se faisant via un GDS (d’après le calendrier annoncé par la compagnie, ces surcoûts devaient être appliqués à partir d’hier). Pour Sabre, il s’agit d’une violation manifeste de l’accord DCA. Et comme entre-temps la dérégulation est passée par là, le GDS estime avoir désormais des moyens de rétorsion. Il décide donc de « biaiser » ses écrans, de façon à ce que la compagnie ne soit plus affichée de manière prioritaire (normalement la compagnie affichant le temps de vol le plus court sort en premier). Northwest met l’affaire entre les mains de ses avocats et demande des dommages et intérêts. Voilà où en est la situation pour le moment, si ce n’est que, depuis, les autres GDS ont, semble-t-il, suivi l’opérateur de Dallas. Reste que d’après certains observateurs, qui s’expriment dans la presse américaine, il y a peu de chance que Northwest maintienne les surcoûts en question. Pourquoi ? Parce que pour le moment aucune autre compagnie n’a encore suivi le mouvement. Et comme l’explique un patron de réseau américain à l’un de nos confrères : « Quand la première compagnie a commencé à baisser les commissions des agences, toutes les autres ont sauté sur l’occasion dans les 36 heures. »

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