La presse se déchaîne contre l’avion

Transport

« Nous ne prendrons plus l’avion ! ». Dans une tribune publiée dans Libération, le 11 février, Julien Goguel, auteur du manifeste satayontheground.com, appelle à boycotter ce moyen de transport.

« Ne plus prendre l’avion, c’est être visionnaire » explique dans cette tribune Julien Goguel. « Un kilomètre parcouru en avion émet deux fois plus qu’un kilomètre parcouru seul en voiture. L’écart est important mais pas énorme. Ce qui fait toute la différence, c’est la distance du trajet. Personne ne songe à faire 12 000 kilomètres en voiture pour aller passer une semaine de vacances. Chaque Français émet 5 tonnes de CO2 par an. Un aller-retour Paris-New York en émet 2,5 tonnes par passager. Autrement dit : entre une année de vie en France (déplacements quotidiens pour aller travailler, chauffage, consommation électrique, alimentation…) et une semaine de vacances à Bali, mon impact sur le réchauffement du climat est strictement le même. Ne plus prendre l’avion, c’est supprimer un coût énorme pour le climat ».

Le journal Le Monde, dans son édition du 22 février, consacre une enquête sur le sujet. « Peut-on se dire écolo tout en s’envolant pour le week-end à Porto ? L’avion sème la zizanie. D’un côté, ceux qui connaissent les chiffres et commencent à s’interroger. De l’autre, ceux qui ne veulent surtout ne rien savoir de peur d’objectiver ce qu’ils pressentent : tous ces ­efforts louables pour acheter en vrac ou cuisiner les légumes bizarres du panier Amap n’auront rimé à rien s’ils prennent la direction de l’aéroport ».

Suivent les témoignages de nombreuses personnes qui n’ont surtout pas envie d’arrêter prendre l’avion comme Juliette Belliard, 28 ans, professeure d’anglais : « J’ai tout bon sauf l’avion,  refus de passer le permis de conduire, régime végétarien depuis sept ans. Le voyage annuel en avion, je n’arrive pas à l’abandonner. Sans ça, je n’aurais pas le courage de tenir les autres résolutions. C’est ma récompense. »

Le quotidien termine en donnant quatre conseils, qui ne feront pas les affaires des tour-opérateurs et agences de voyages. à ceux qui refusent de se passer de l’avion.

Eviter les vols intérieurs et intra-européens
Six vols aller-retour Paris-Marseille émettent autant de C02 qu’un Paris – New York. Sur une même distance, le TGV émet 40 fois moins que l’avion. Même la voiture est moins polluante que l’avion dès lors qu’au moins deux personnes sont à bord. Autres solutions pour les distances inférieures à 1 500 km : le covoiturage ou l’autocar.

Bien choisir les vols internationaux
Privilégier les vols sans ­escale, la consommation de kérosène étant accentuée lors des décollages et atterrissages. Voyager léger et plutôt en classe éco : les émissions associées à un vol en classe affaires ou en « first » sont trois fois plus importantes, la taille des sièges réduisant le nombre de passagers convoyés pour une même quantité de kérosène. Choisir une compagnie dont la flotte est récente, donc moins énergivore, et dont le taux de remplissage est élevé.

Ralentir
Se rendre à l’aéroport en transports en commun. Une fois sur place, se déplacer en train ou à vélo. Rester le plus longtemps possible pour amortir le coût carbone du vol.

Compenser
Si elles ne sont pas indiquées sur le billet d’avion (comme la réglementation le prévoit), calculer les émissions de CO2 liées au vol (sur le calculateur en ligne de la Direction générale de l’aviation ­civile par exemple), puis verser à une organisation spécialisée dans la compensation carbone la somme finançant la ­réduction d’une quantité équivalente de gaz à ­effet de serre (grâce à des plantations d’arbres notamment). Certaines compagnies aériennes proposent directement ce service lors de la réservation des billets.

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (2)

  1. bien dans ce cas il faut aussi boycotter le bateau qui est encore plus polluant !! et puis boycotter le ski alors car les dameuses polluent en pleine zone naturelle toutes les nuits, En fait il faut rester chez soi devant la télé à se lobotomiser le cerveau devant des émissions tellement intellectuelles qu’on oublie qu’il y a heureusement d’autres cultures dans le monde qu’il serait dommage de ne pas découvrir.
    désolé mais je ne partage pas ce point de vue

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