Laurent Magnin, PDG d’XL : « Ma bataille, c’est le pavillon français »

Le rapprochement d’XL Airways et de La Compagnie a été acté. Laurent Magnin, qui conserve ses fonction de PDG du groupe XL est devenu le dirigeant opérationnel des deux transporteurs. Entretien.
Quel est le montage du nouvel ensemble ?
Laurent Magnin : "XL a racheté La Compagnie, qui devient donc une filiale en payant les actionnaires de La Compagnie en actions XL. Le groupe XL a donc à nouveau des actionnaires."

Quels sont les avantages qui découlent d’un tel rapprochement ?
"L’avantage numéro un, et ça me tient particulièrement à cœur, c’est que ça participe à défendre le pavillon français. Travailler avec 2 ou 3 avions, ce n’est clairement pas suffisant. Il est plus que nécessaire de commencer une forme de concentration ou de conclure des accords stratégiques, c’est une question de taille critique. Le transport aérien français, hors groupe Air France, doit se restructurer, en particulier dans l’environnement hyper consumériste et hyper libéral induit par la politique de l’Union Européenne. Si on regarde bien, les compagnies qui s’en sortent ont des actionnariats forts ou sont cotées en bourse."

Vu de loin ce mariage à l’air un peu hétérogène non ?
"Pas du tout, il y a une vraie logique, y compris du point de vue des actionnaires. Sur New-York, ces 5 dernières années, XL a été la moins chère. Demain nous aurons deux compagnies qui se battront ensemble sur deux segments différents – le loisir et le business – mais avec une même philosophie de bas tarifs. Encore une fois, ma bataille c’est la reprise de parts de marché pour le pavillon français. Nous, nous sommes les seuls avec Air France à nous battre contre des compagnies étrangères, contrairement à d’autres, nous ne sommes n’pas seulement positionnés sur les Dom, nous prenons des passagers à Lufthansa ou à British Airways".

D’un point de vue opérationnel, qu’est ce qui découle de ce rapprochement ?
"Déjà, nous allons travailler ensemble sur tout ce qui est basique, comme les achats (carburant, assurance, prestations…), tout en respectant les problématiques et les spécificités de chacune des deux entités. Par ailleurs, pas mal de choses que sous-traite La Compagnie, comme une partie des "ops" où la maintenance en ligne pourrait être assurée par XL. Mais dans ce domaine rien n’est encore décidé".

Comment les choses vont-elles se passer d’un point de vue social ?
"Il n’y a pas de casse sociale à l’horizon. On va se concentrer sur la montée en puissance du 2e avion de La Compagnie et étudier les synergies commerciales possibles entre les deux entités, et notamment mettre en place des tarifs combinables et les équipes d’XL vont faire la promotion de La Compagnie. Ce qu’il y a de bien, c’est que nous avons des cultures d’entreprises similaires, avec des équipes qui travaillent dans la proximité".

La Compagnie va-t-elle profiter de la trésorerie de XL ?
"Non, pas du tout, il n’y a absolument pas besoin d’injecter de la trésorerie d’XL dans La Compagnie, les choses restent étanches de ce point de vue là".

Le président fondateur de La Compagnie n’a visiblement pas choisi de participer à cette nouvelle aventure, vous allez donc vous rajouter une nouvelle casquette…
"Ca aurait été difficile de fonctionner avec 2 têtes. Mais ce que je peux vous dire, c’est que j’ai promis à Frantz Yvelin de bien m’occuper de son bébé, tout comme j’avais promis à Cédric Pastour de bien m’occuper du sien à l’époque, quand j’ai pris les commande de Star Airlines".

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *