Laurent Magnin (XL Airways) : « plus que de les emmerder, je préfère travailler avec les syndicats »

Transport

VIDEO – Nous avons rencontré Laurent Magnin afin d'évoquer l'actualité. Le PDG de XL Airways a passé en revue tous les sujets ou presque. Des résultats positifs de sa compagnie aux déboires malheureux d'Air Méditerranée en passant par l'environnement concurrentiel et réglementaire ou encore la situation capitalistique de XL, tous les sujets ou presque ont été abordés. Evidemment sans langue de bois. Extraits…
 Pour l'exercice écoulé, clos au 31 octobre 2015, XL Airways affiche des résultats positifs. C'est évidemment un motif de satisfaction…
LM. "Les résultats sont, en gros, 1,5 million d'euros pour la compagnie et 1,5 million pour Héliades. C'est intéressant parce que nous parlons de résultat net. Et l'année prochaine ce sera pareil. Ce qui m'amuse beaucoup dans les communications des uns et des autres, c'est qu'on parle tantôt de résultat d'exploitation et tantôt d'autre chose… Moi, je préfère parler en net. Tout est retraité et, à la fin, ça a du sens. Je pense qu'un million et demi de résultat sur une année extrêmement difficile en terme de compétition c'est satisfaisant. Nous, dans notre position et c'est ce que je trouve très fort de la part de notre équipe, ça fait globalement 8 ans qu'on n'est pas soutenu par des actionnaires".
 
Concrètement qu'est-ce que ça implique ?
LM. "Cela veut dire qu'on doit tout à nous-mêmes. C'est d'ailleurs un immense motif de fierté que je partage avec mes salariés. Quand ça va mal, personne ne vient nous donner 40, 50 ou 55 millions de recapitalisation. Et ça fait 8 ans que ça dure. Par rapport à ce qu'on a fait durant ces 8 ans je peux affirmer en plus qu'aujourd'hui je peux regarder regarder n'importe quels partenaires sociaux droit dans les yeux."
 
Les partenaires sociaux sont donc primordiaux ?
LM. "Quand vous avez des partenaires sociaux qui sont à l'écoute de l'entreprise et que le patron ne passe pas un temps fou à s'occuper du social. Sans aller jusqu'au patron de Ryanair, qui est un type incroyable du reste, et qui me fascine lorsque je l'entends dire : "j'emmerde les syndicats, j'emmerde mes clients quand ils ne sont pas contents du produit…"
 
Mais son discours a un peu changé
LM. "Il a même beaucoup changé, il est d'ailleurs en train de s'embourgeoiser, je lui fais passer un message : je suis plutôt déçu, le mec rock n'roll qui emmerdait les syndicats il y a 10 ans, on l'entend beaucoup moins. Ca manque dans le paysage. Mais plus sérieusement est-ce un motif de fierté de dire qu'on emmerde les syndicats ? Moi, chez XL, plus que de les emmerder, je préfère travailler avec eux. C'est un des points essentiels qui nous a permis de tenir le coup. Si nous avions dû, comme d'autres, avoir des difficultés sociales énormes dans ce paysage extrêmement difficile, je n'aurais pas donné cher de notre peau".
 
La chute du pétrole a un peu aidé l'année dernière, non ?
LM. "Tout le monde nous bassine avec la chute du pétrole, mais cette chute est fantastique pour les compagnies américaines qui ont des recettes en dollars, elle l'est moins pour les européennes qui ont vécu un effondrement de l'euro face au dollar. Une compagnie comme XL paye 52% de ses charges en dollars. Passer de 1,35 à 1,08, sur 300 millions de chiffre d'affaires c'est loin d'être négligeable. Vous comprendrez où se situe l'ampleur du défi".
 
L'interview complète de Laurent Magnin est à paraître dans son intégralité dans l'édition du Quotidien du Tourisme – Le Mag datée du 3 mars prochain.

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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