Le label bleu laisse les compagnies sceptiques

Transport

Les compagnies (via le BAR) n’en voient pas l’utilité.
Elles affirment répondre déjà à toutes les exigences.
Le BAR et la Fnam regrettent de ne pas avoir été consultés.
Le projet gouvernemental de mettre en place dès 2005 un label « sécurité et qualité » pour les compagnies régulières et charter afin d’établir une liste bleue de l’ensemble des transporteurs que « les TO et distributeurs français de voyages à forfait utiliseront prioritairement » a du mal à passer auprès des instances de représentation des compagnies aériennes en France. « Nous répondons à toutes les certifications, toutes les exigences réglementaires de la tutelle que veut-on de plus ? », tempête Jean-Pierre Sauvage, président du BAR (association des compagnies régulières). « La seule référence ce sont les règles OACI [NDLR : internationales], JAR [NDLR : européennes] et les décisions de la DGAC. Au-delà, on ne sait pas. » Quant au label qualité, il n’est pas mieux perçu. « C’est au consommateur de juger la qualité d’un transporteur et il le fait selon son expérience. Comment un label peut-il dire si une compagnie est bonne ?, on est en pleine subjectivité », ajoute Jean-Pierre Sauvage. De plus, ni le BAR ni la Fnam (Fédération nationale de l’aviation marchande) n’ont été consultés pour travailler sur le dossier. « C’est effectivement maladroit », reconnaît Lionel Guérin, président de la Fnam. « Même si je n’ai pas d’avis sur la question puisque nous n’avons pas le rapport, je pense que c’est aux États de vérifier et de faire respecter les règles OACI (…) mais je suis entièrement favorable à ce que le client dispose d’une complète visibilité. » Alors que le débat est lancé en interne à la Fnam, le BAR se réunira lundi prochain pour aborder la question. Jean-Pierre Sauvage envisage également d’envoyer une lettre au ministre lui indiquant à la fois son regret de ne pas avoir été consulté et ce qu’il pense du projet. Lequel laisse sceptiques aussi certaines compagnies charter françaises. « Notre maintenance est faite en France, nos manuels sont approuvés par la DGAC, on suit les manuels instructeurs des avionneurs, si ce n’est pas acceptable je ne comprends pas », indique le PDG de l’une d’elles. Bref, ce label n’a pas fini de faire couler de l’encre.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *