Le train placé sous haute surveillance

Transport

Après l’avion, le train est à son tour au centre de la cible des terroristes
Le niveau de sécurité dans les gares passe au rouge, la sûreté est renforcée
SNCF : “Impossible de contrôler tous les passagers comme dans les aéroports”
Alors que les aéroports ont dû renforcer leurs mesures de sûreté après le 11 septembre 2001, les gares françaises augmentent à leur tour leur surveillance après le chantage à la bombe du mystérieux groupe AZF et surtout les attentats sanglants dans les gares madrilènes de jeudi dernier.
“La SNCF est déjà mobilisée depuis les premières menaces d’AZF il y a quinze jours”, assure un porte-parole du transporteur ferroviaire. Les attentats de Madrid et les nouvelles menaces du groupe AZF réitérées samedi ont cependant poussé le gouvernement, dont certains membres étaient réunis lundi en conseil interministériel, à élever le niveau du plan Vigipirate de orange à rouge. La SNCF a, de son côté, demandé une vigilance accrue aux agents SNCF en gare, aux brigades des chemins de fer et aux forces de police et de l’armée, venues en renfort dans les principales gares françaises. De plus, le plan prévoit des contrôles inopinés sur les quais, effectués par des équipes tournantes. Plus que jamais, l’accueil filtrage initié à Lyon en 2002, reste en vigueur. “Les clients doivent montrer leur billet avant de monter à bord à Lyon Part-Dieu, mais aussi à la Gare de Nord à Paris sur les liaisons Paris-Lille”, explique la SNCF. Le dispositif de sûreté prévoit actuellement la condamnation des porte-bagages en extrémité de voitures et la fermeture des consignes, excepté celles équipées de scanners. “D’autres mesures ont été prises, mais, pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas en dévoiler le contenu”, a justifié la Société nationale. Celle-ci pourrait par exemple s’inspirer des Anglais qui projettent de placer des agents de sécurité dans les trains. Malgré tout, la SNCF reconnaît qu’il est “impossible de filtrer les accès aux trains comme dans les aéroports, car on ne peut pas surveiller les 12 000 trains qui circulent par jour en France et contrôler systématiquement le milliard de personnes présent annuellement dans les gares.”
“On ne raisonnera pas les plus craintifs !”
Francis-Philippe Gallo, DG de Sembat Voyages à Boulogne-Billancourt
Bien sûr, à court terme, les clients peuvent être inquiets, d’autant plus que la présence renforcée de policiers et de militaires peut entretenir une certaine psychose. De plus, la couverture des médias peut amplifier le phénomène. Et comme nous n’en savons pas plus que nos clients, il est difficile de raisonner les plus craintifs. Mais à moyen terme, les voyageurs savent bien que la menace est partout. Il faudrait donc ne plus aller dans les gares, mais aussi dans les lieux publics comme les grands magasins ou le métro. C’est absurde. Cela risque de pénaliser encore notre activité train-loisir qui souffre déjà beaucoup de la concurrence des agences SNCF, et de ne pas relancer l’activité affaires qui est relativement faible ces derniers mois.
Albert Sené, Bailly Voyages, Paris VIe
Je ne constate aucun impact des attentats et menaces d’AZF dans nos ventes. Au contraire, je vends des billets à des familles entières pour les vacances de Pâques et la demande est forte. Je n’ai eu qu’une seule annulation d’un client voyageant dans la région de Toulouse et qui a préféré la voiture au train. Avec ceux qui ont peur, il n’y a rien à faire. Mais un train est tout de même plus rassurant qu’un avion dans l’esprit des passagers.

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