Le Wi-Fi gratuit embarque dans les TGV

 « En 18 mois, nous avons avancé plus rapidement sur ce dossier qu’en 10 ans » expliquait mardi matin Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF à l’occasion de la présentation à la presse de TGV Connect, le nouveau service de Wi-Fi gratuit que l’entreprise lancera officiellement le 15 décembre.

C’est vrai que l’idée d’installer du Wi-Fi à bord des trains ne date pas d’hier, mais après 2 échecs, cette fois-ci semble bien être la bonne. En tout cas, on ne pourra pas dire que la SNCF et son partenaire Orange n’y auront pas mis les moyens : l’opérateur téléphonique en implantant des antennes-relais le long des voies concernées, la SNCF en investissant 100 millions d’euros pour équiper plus de 300 rames d’ici la fin de l’année 2017.

 

Changement des mentalités

Au-delà de l’aspect technique, ce nouveau service gratuit est aussi symptomatique d’un changement de mentalité dans le monde ferroviaire. Comme le dit le patron de la SNCF, « nous ne gérons plus des flux, mais des personnes avec des besoins ». Or parmi les demandes des clients, le fait de disposer d’une connexion Internet efficace arrive en tête. Ce qui, comme le rappelle Rachel Picard, la directrice de Voyages SNCF, n’est pas si facile à faire dans l’univers des transports : « Dans l’aérien il n’existe aucune offre de Wi-Fi gratuite et seulement 2 avions d’Air France sont à ce jour équipés ».

 

Réponses techniques

En ce qui concerne le TGV, il a fallu trouver une réponse technique aux 2 difficultés principales que sont la vitesse et le nombre de connexions simultanées. Pour pouvoir tenir la promesse d’une offre robuste et fiable la SNCF s’appuie sur le réseau d’antennes traditionnel d’Orange en zones urbaine et périurbaine et sur un réseau déployé le long des voies en zones rurales, là où les trains roulent le plus vite et passent d’une antenne à l’autre toutes les 15 secondes.

 

Un usage raisonnable d’Internet

Concrètement, les signaux 3G et 4G des antennes Orange sont captés par les trains au niveau des voitures bar, puis agrégés avant d’être redistribués par fibre optique vers chacune des quatre antennes Wi-Fi qui équipent chaque voiture.

L’idée étant bien sûr de promouvoir un usage « raisonnable » d’Internet. Pas question ici de pouvoir télécharger un film par exemple, mais plutôt de pouvoir consulter ses mails, surfer sur Internet ou encore utiliser les réseaux sociaux, à travers une enveloppe globale de données au-delà de laquelle le débit offert à l’internaute se réduit.

 

Un portail de services

Le lancement de l’offre Wi-Fi s’accompagne de celui d’un portail, qui permet notamment au passager de suivre sa consommation de données,  mais aussi son voyage en visualisant en temps réel son train sur une carte qui indique aussi les zones ou les connexions sont moins bonnes, d’accéder à des services (commander au bar, réserver un taxi ou un VTC, louer une voiture…) et d’interagir avec la SNCF. Pour le moment, seule la route Paris-Lyon est concernée. En 2017, Bordeaux, Strasbourg, Lille, Rennes et Marseille suivront.

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste – Rubrique Transport – Le Quotidien du Tourisme

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