Les pilotes d’Air France s’inquiètent pour ceux de Hop!

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La filiale régionale d'Air France est à court d'effectifs

Le syndicat de pilotes SNPL d’Air France a déploré mardi « l’absence de réponse » à la situation de dizaines de pilotes de la filiale Hop!, empêchés de rejoindre la compagnie phare malgré un succès aux tests d’entrée.

La filiale régionale d’Air France traverse une mauvaise passe. Profondément désorganisée par la fusion des anciennes compagnies régionales dont elle est issue, Hop! cherche depuis plusieurs mois à retarder le départ de dizaines de ses pilotes. Faute d’effectifs suffisants, la filiale court et moyen-courrier d’Air France affrète déjà chaque jour des avions auprès d’autres compagnies, quand elle ne doit pas annuler des vols.

 

Quelque 140 pilotes de Hop! ont d’ores et déjà passé avec succès les sélections d’Air France mais se voient « dénier le droit de postuler », déplore Philippe Evain, président du SNPL Air France. Pour « sortir du blocage, nous avons mis sur la table il y a plusieurs semaines une proposition », formellement envoyée « la semaine dernière », qui « autoriserait Air France à réduire le nombre minimum » d’embauches annuelles de pilotes Hop! si les compagnies « trouvent des volontaires pour retarder leurs départs », moyennant une « indemnisation » et des « garanties d’embauche », explique-t-il à l’AFP. Mais cette proposition est restée « sans réponse ». « Il ne se passe rien, tout le monde se renvoie la balle », déplore-t-il. Un avenant signé en mars entre son syndicat et Air France prévoyait 47 transferts annuels « minimum » entre les deux compagnies, dont « 36 avant le 31 octobre ». « Il n’est pas respecté. On ne peut pas ne rien faire. On sera obligés d’aller voir le juge », menace-t-il.

 

Cet avenant fait suite à un accord de 2014 engageant Air France à réserver un tiers de ses embauches aux pilotes de Hop!. Ces derniers sont « discriminés » vis-à-vis des autres pilotes ayant réussi les tests parce qu' »il y a eu un manque d’anticipation incroyable de Hop! », qui a engagé un deuxième plan de départs volontaires « il y a 8 mois encore », a ajouté Philippe Evain.

 

Le SNPL Hop!, qui a rendez-vous jeudi avec la direction de la filiale sur ce sujet, « soutient » la proposition de la section d’Air France. « L’entreprise a obligation de trouver une solution » car « la frustration et l’amertume que génèrent ces départs lui sont préjudiciables », affirme son représentant Armand Simon. La filiale anticipe une perte de 50 millions d’euros en 2017, selon le syndicaliste, dont 15 millions causés par les deux grèves menées, notamment pour dénoncer les conséquences sociales de la fusion.

Publié par la rédaction avec l'AFP
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