Level : Un nouvel acteur débarque dans le ciel français… Et ça va faire mal

Dans un premier temps Level va opérer avec deux Airbus A330-200

C’est donc bien Paris Orly qu’a choisi IAG pour lancer la 2e base européenne de Level, sa nouvelle compagnie. Willie Walsh, ancien patron emblématique de British Airways, actuellement aux commandes du groupe IAG (qui regroupe Aer Lingus, British Airways, Iberia et Vueling), ne cache pas ses ambitions pour Level sur le marché français, dont il espère bien qu’elle dupliquera à Orly, le succès qu’elle rencontre déjà à Barcelone, d’où ses avions décollent avec des taux de remplissage très élevés.

Des destinations très concurrentielles

Les destinations choisies par Level pour commencer à opérer en font un concurrent de choix pour le pavillon français. En effet, au départ d’Orly, Level va voler 3 fois par semaine vers Montréal à compter du 2 juillet, 4 fois par semaine vers Pointe-à-Pitre dès le 3 juillet, idem vers Fort-de-France à compter du 3 septembre et à raison de 4 vols par semaine vers New York à partir du 4 septembre. Le tout en utilisant deux Airbus A330-200 qui seront opérés par des d’équipages d’Openskies (la filiale de BA spécialisée sur la route Orly–New York, dont la marque s’effacera au profit de Level à la fin de l’été 2018, mais dont le certificat de transport aérien continuera à être utilisé).

Deux classes de voyage et 5 niveaux tarifaires

Les appareils seront équipés de 21 sièges en classe premium, soit trois rangées implantées en 2-3-2, et de 293 sièges en 2-4-2 en classe économique.

Côté classes tarifaires, il existe 5 niveaux. Le niveau Level, qui n’offre que le siège et un bagage cabine (56cm x 45cm x 25cm). Le niveau Level+, qui permet d’ajouter un bagage en soute et un repas. Le niveau Level Flex permet en plus de choisir son siège, de changer ses dates de voyage et ouvre droit au remboursement.

Viennent ensuite les tarifs Level Premium et Level Premium Flex, concernant la cabine Premium. Outre repas et bagages cabine, ils permettent enregistrements et embarquements prioritaires et 2 bagages en soute. Le Premium Flex ajoute modification, remboursement et sélection du siège.

Des tarifs très agressifs

Comme toutes les low-cost long-courrier, Level communique sur des tarifs aller simple très agressifs. Ainsi, en classe éco, Montréal, Fort-de-France et Pointe-à-Pitre seront proposés à partir de 99 euros et New York à partir de 129 euros.

A l’issue d’une simulation réalisée mardi 28 novembre sur le site Internet de la compagnie, pour un aller-retour Paris/Pointe-à-Pitre (départ le 6 juillet 2018, retour le 27 juillet) il faudrait dépenser 317 euros avec le tarif « nu » en classe éco et 478 euros en ajoutant bagages et repas.

Pour un voyage réservé au même moment entre Paris et New York (départ 5 octobre 2018 et retour le 12 octobre), nous avons trouvé 199 euros en tarif Level (sans bagage), 381 euros en tarif Level+ (bagage et repas) et 879 euros en tarif Level Premium (check-in et boarding prioritaires).

Quid des compagnies françaises ?

Pour Marc Rochet, président de French Blue et Air Caraïbes, le développement de Level, « une marque paneuropéenne qui s’appuie sur différents certificats de transport aérien est un cas d’école qui prouve que nous sommes dans un monde qui bouge beaucoup ».

En ce qui concerne la concurrence, le patron d’Air Caraïbes estime qu’avec un 5e opérateur sur les Antilles françaises, « la compétition s’articulera encore plus autour du produit et des prix, et ce sont ceux qui auront les structures de coûts les plus efficaces qui prendront des parts de marché. Avec Air Caraïbes, nous allons être très vigilants ».

Vigilant, il faudra incontestablement l’être. Et ce, même si Willie Walsh martèle que Level produira surtout de l’induction de trafic. Pour produire des tarifs susceptibles de remplir ses appareils, Level s’appuie sur une base de coûts très basse, en partie due à l’utilisation d’appareils actuellement relativement bon marché, d’un prix du carburant avantageux et d’une forte productivité.

Des synergies avec Vueling

L’autre levier que Level entend utiliser pour remplir ses avions, ce sont les synergies avec Vueling. La compagnie observe que des passagers utilisent déjà Vueling au départ de Paris pour aller « auto-connecter » avec Level à Barcelone. Il n’y a donc pas de raison pour que ça ne marche pas dans l’autre sens. A Orly, Vueling c’est tout de même 17 destinations en Espagne, Italie, au Danemark et au Portugal.

 

 

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste – Rubrique Transport – Le Quotidien du Tourisme

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