Marseille veut créer un terminal low cost

Transport

Rénovation d’une ancienne aérogare de fret quasiment inutilisée aujourd’hui.
But : baisser les coûts en escale des compagnies et la redevance passagers.
Un outil ouvert à tous les transporteurs, mais surtout pour les low cost.
À l’instar des aéroports de Genève, Singapour, Kuala Lumpur ou encore Bâle-Mulhouse, l’aéroport de Marseille-Provence veut créer une aérogare low cost pour le printemps 2006, en complément de ses installations classiques existantes. Objectif : proposer des services basiques, fonctionnels, aux coûts d’exploitation réduits, permettant aux transporteurs de faire des économies et de baisser la redevance passagers. « Les voyageurs et les compagnies n’ont pas tous les mêmes besoins en matière de services ni les mêmes motivations lorsqu’ils voyagent (…) Par exemple, les low cost ont attiré une nouvelle clientèle qui ne voyageait pas auparavant et pour qui le prix est prioritaire (…). Nous avons décidé de jouer la carte de la segmentation », explique Philippe Wilmart, directeur commercial ce l’aéroport. Aussi, l’aéroport phocéen veut-il transformer une ancienne aérogare de fret aujourd’hui quasiment vide en une aérogare passagers aux services spartiates. Douze comptoirs d’enregistrement (2 par avion) et des bornes de libre-service, le passager porte ses bagages de soute jusqu’au convoyeur – en passant par le contrôle au rayon X – , une décoration sommaire sans escalators ni ascenseurs…, mais avec beaucoup de commerces. Tous les avions (6 en simultané) seront au contact de la zone d’embarquement (sans bus), mais l’accès à l’intérieur des avions se fera par deux escabeaux sans passerelles. « C’est pour aller plus vite, car sur des avions de type A320 ou B737, on ne peut en placer qu’une », explique Pierre Régis, directeur de l’aéroport, en rappelant que le but est que les compagnies puissent effectuer des demi-tours en 25 minutes. Outre la productivité avion, les coûts d’assistance pourraient baisser de 20 à 40 % tandis que la redevance passagers tomberait à 1 euro, contre 5,96 euros aujourd’hui pour un vol européen. Si ce terminal est ouvert à toutes les compagnies qui répondront à un cahier des charges, il est essentiellement taillé sur mesure pour les low cost, l’objectif de l’aéroport étant de convaincre l’une d’entre elles d’y créer une base.
Une dizaine de compagnies déjà intéressés par le concept
Ce terminal low cost (investissement de 14,5ME) est ouverte à toutes les compagnies répondant à un cahier des charges précis. Il faut que ce soit un transporteur de point—point sur des vols intra-européens opérés avec des appareils de type A320 ou B737-800 ou des modules de plus petites taille. Si il y a plus de candidats qu’il n’y a d’offre (la capacité du terminal est de 3,5 millions de pax annules), les projets seront hierarchisés en fonction du volume de trafic sur lesquels se seront engagés les compagnies. Depuis le 3 mai, une dizaine de compagnies se dites intéressées. Pas toutes des low cost. La direction de l’aéroport devait d’ailleurs présenter le projet à une filiale d’Air France. Le choix des compagnies se fera à l’automne avant les travaux pour ouvrir l’aérogare au printemps 2006. Un projet qui devrait plaire à EasyJet qui a toujours dit qu’elle privilégierait les aéroports qui baisseraient leurs coûts.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *