Mémoire d’Aéropostale : sur les pas des héros précurseurs de l’aviation

Transport

Alors que Toulouse, berceau historique de l’aviation, voit naître l’Airbus A380, l’avion du futur, l’association Mémoire d’Aéropostale ravive le souvenir de Mermoz et Saint-Exupéry avec des musées dans les escales de « La Ligne ». L’objectif est double : éviter que ne disparaissent les traces du passé et apporter une plus-value touristique dans ces lieux.
Dimanche 26 septembre 2004, 8 heures du matin sur la piste de Toulouse-Lasbordes. Près de 80 ans après le début de la saga lancée par Georges Latécoère, Didier Daurat, Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry, le Beechcraft affrété par l’association Mémoire d’Aéropostale s’envole pour un périple palpitant reprenant le parcours d’acheminement du courrier vers l’Afrique et plus tard l’Amérique du Sud. Objectif : installer dans certaines des escales de « La Ligne » des expositions permanentes à la gloire de cette véritable aventure. « Il y avait une histoire, mais plus ou peu de traces de cette épopée », c’est ainsi que Catherine Gay, la présidente de l’association toulousaine (par ailleurs directrice du développement de l’aéroport Toulouse Blangnac), résume la genèse de cette action lancée en avril 2004 avec un brin d’inconscience compensée par un enthousiasme à toute épreuve. L’idée avait germé dans l’esprit d’un groupe de passionnés impliqués depuis vingt ans dans l’organisation du Rallye aérien Toulouse-Saint-Louis du Sénégal, mais la réalisation de ce lourd chantier a finalement justifié la création d’une structure. De nombreux soutiens et parrainages ont été obtenus, notamment auprès des ministères des Affaires étrangères et de la Culture français. Première étape : Tarfaya-Cap Juby au Maroc. Comptoir commercial anglais dès 1886, un fort y fut construit par les Espagnols (les îles Canaries sont au large) et c’est en mai 1923 qu’il fut décidé d’en faire une aéroplace, escale entre Casablanca et Dakar. C’est dans ce cadre, magique de l’avis de tous et propice à la méditation, que Saint-Exupéry, qui y fut en poste 18 mois, écrira Courrier Sud. Puis ce fut la Mauritanie, avec Port-Etienne (aujourd’hui Nouadhibou) avant d’arriver, point d’orgue en quelque sorte, à Saint-Louis du Sénégal. Première colonie française d’Afrique, les équipages y trouvaient le contexte plus « confortable » d’une ville avec de vrais hôtels. L’hôtel du Palais, récemment racheté par un Français plusieurs fois concurrent du rallye Toulouse-St-Louis, était le tout premier à être fréquenté ; il fut petit à petit remplacé par l’Hôtel de la Poste ainsi que par la Résidence. Le Musée a provisoirement été installé dans les locaux du Centre culturel français, mais il devrait rapidement intégrer les locaux de l’office du tourisme de la ville. Car, pour Catherine Gay, ce qui importe réellement pour asseoir durablement la mémoire de l’Aéropostale, c’est que les populations locales s’approprient l’aventure. Et, à l’évidence, cela ne peut se faire que si les pays, en terme de destinations, y puisent des avantages en matière de notoriété et d’intérêt touristique. La dernière exposition fut installée à Rabat, sur le chemin du retour. Il reste maintenant à l’équipe de Catherine Gay à œuvrer pour cette pérennisation du travail entrepris avant de s’attaquer, en 2005 et 2006 à la traversée de l’Atlantique jusqu’à Santiago du Chili.
Quelques dates
11 novembre 1918 : Sitôt signée l’Armistice, Latécoère crée la Cema (Compagnie Espagne Maroc Algérie).
19 mars 1919 : Premier vol commercial entre Toulouse, Rabat et Casablanca. Fin 1919, 9 124 lettres auront été acheminées depuis le Maroc vers la France.
1923 : La ligne est prolongée jusqu’à Dakar.
15 avril 1927 : Latécoère cède 93 % de ses parts à Marcel Bouilloux-Laffont, homme d’affaires établi en Argentine. L’Aéropostale est née.
15 octobre 1927 : Première traversée de l’Atlantique Sud sur un avion terrestre Bréguet 19, par Costes et Le Brix, entre Saint-Louis et Natal.
Fin 1930 : L’Aéropostale aligne 200 avions et 17 hydravions occupant 1 500 employés dont 51 pilotes.
Télégrammes
• De nombreux partenaires ont soutenu cette opération d’un budget de 350 000 E, dont certains issus du secteur touristique : Afat Voyages, Fram, les compagnies aériennes Air France, Air Sénégal International, Royal Air Maroc ainsi que l’aéroport de Toulouse Blagnac.
• Nouveauté à Saint-Louis : en complément des hôtels mythiques liés à l’Aéropostale (Hôtel de la Poste et Hôtel la Résidence), un nouvel hôtel voit le jour : la Saint-Louisienne qu’Ariane Réaux, ex-responsable marketing d’Air Afrique, compte ouvrir le 15 novembre. Installé sur la langue de Barbarie, là où le fleuve Sénégal rejoint la mer, il offre 24 chambres climatisées donnant pour moitié sur le fleuve et sur l’océan, une piscine de belle dimension, une salle de séminaire de 50 places ainsi qu’un piano-bar. En 2006, le nombre de chambres devrait doubler.
• La Saint-Louisienne propose un forfait « Spécial fêtes de fin d’année » avec réveillon « Signare » : 1 199 E incluant le vol A/R Paris-St-Louis, transfert aéroport, 7 nuits avec petit-déjeuner et réveillon. Contact : info@lasaintlouisienne.com.
• Pour le programme d’été 2005, Air Sénégal International devrait ouvrir une liaison régulière Toulouse-Saint-Louis du Sénégal.
• Depuis avril 2004, et pour une durée de 20 mois, la Cité de l’Espace à Toulouse propose l’exposition Mission Biospace qui invite le visiteur à prendre part à un voyage interstellaire prétexte à une réflexion sur les axes de la recherche et sur les modes de vie du futur.
• En 2003, la Cité de l’Espace a accueilli 247 000 visiteurs contre 282 000 en 2002. L’objectif de fréquentation en 2004 se situe à 265 000 visiteurs.
Avec l’attraction Astralia, la Cité de l’Espace s’oriente un peu plus vers le parc à thèmes
Au même titre que les incroyables coups de poker que tentaient les « aéropostiers », la conquête de l’espace a créé des moments de légende que la ville de Toulouse, acteur majeur en ce domaine, se devait de mettre en scène dans ce parc de loisirs situé à mi-chemin de la pédagogie et du divertissement qu’est la Cité de l’Espace inaugurée le 27 juin 1997. Après un début couronné d’un succès fulgurant aux résultats de fréquentation supérieurs aux attentes, la Cité a marqué un léger fléchissement dans son développement qu’une politique constante de nouveautés doit enrayer. Prochaine étape du développement : la mise en service de « l’Astralia, le 6e continent », qui ouvrira ses portes au printemps 2005. En doublant la surface d’exposition du parc, ce bâtiment de 4 000 m2 mettra en avant une image plus ludique et attractive grâce à un nouveau planétarium plus grand (280 places) avec un écran-dôme de 20 mètres de diamètre ainsi qu’une salle de cinéma grand format en relief dotée d’un écran géant de 400 m2 (de type Imax) pouvant accueillir 300 personnes. Deux salles de 30 et 150 places équipées pour tous types de manifestations viendront accroître la capacité à recevoir les entreprises. Un peu plus loin, à l’été 2006, ouvrira le Square des Petits Astronautes où les très jeunes pourront jouer à piloter une fusée et découvrir la vie à bord d’une station spatiale. Enfin, dernier projet en cours à l’horizon de l’été 2007, c’est le Centre d’entraînement qui offrira aux jeunes de 12 ans et plus des sensations fortes : centrifugeuse, triaxes, sauts à balanciers et promenade lunaire. Située à un jet de pierre des terrains de Montaudran qui devraient à terme recevoir un parc consacré à l’Aéropostale, la Cité de l’Espace n’aura plus qu’à jeter une passerelle au-dessus de la rocade pour boucler la boucle d’un siècle d’histoire de l’air.

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