Offensive de KLM en régions dès juin ?

Transport

Le projet de fusion doit être validé à la fois par Bruxelles et Washington.
En cas de feu vert, KLM « déboulerait » sur les régions françaises en juin.
Dans l’autre cas, il y aura une enquête approfondie décalant le calendrier.
La Commission européenne se prononcera aujourd’hui, 11 février, sur le projet de fusion d’Air France et de KLM. Soit elle donne son feu vert sous condition (voir encadré), soit elle lance une enquête approfondie de quatre mois si elle émet des doutes sur les effets concurrentiels de l’opération. Outre un feu vert de Bruxelles, Air France et KLM doivent recevoir l’approbation de Washington pour lancer le processus de fusion et commencer à travailler ensemble. Sur ce dernier point, les intentions des deux transporteurs sur le marché français sont claires : juste après l’échange d’actions entre les deux compagnies mi-avril, passer en code-share sur les lignes non desservies par l’un des deux partenaires et vice versa. Surtout, intensifier dès juin la présence de KLM entre Amsterdam et les villes des régions françaises dans le but de détourner sur Schiphol le trafic de correspondances qui transite aujourd’hui via un hub d’un concurrent. Notamment Lufthansa qui est clairement visée par l’opération. « Le but est de proposer des plages de correspondance à Amsterdam qui n’existent pas à Roissy pour donner plus de choix à nos clients », indique un cadre d’Air France. Outre une augmentation de fréquences ou de capacité sur les escales déjà desservies par KLM (déjà prévue fin mars sur Toulouse à + 17 %, Nice + 6 % et Strasbourg + 50%), une telle stratégie peut difficilement faire l’impasse sur l’ouverture de nouvelles lignes, où est présente Lufthansa comme Bordeaux et Marseille. Mais une telle hypothèse relancerait le débat sur la pérennité des vols sur ces deux villes françaises (mais aussi Nice) assurés aujourd’hui par Basiq Air, la marque à bas tarifs de Transavia, filiale de KLM. En revanche, si Bruxelles ou Washington demande une enquête approfondie qui dure 4 mois, le calendrier en serait décalé. Tout projet d’optimisation des réseaux ne pourrait débuter qu’au début de la saison hiver 2004. Quoi qu’il en soit, la ligne est tracée.
Les deux compagnies prêtes à lâcher des slots aux concurrents
Jean-Cyril Spinetta et Leo Van Wijk, respectivement PDG d’Air France et de KLM, ont rendu visite lundi au commissaire européen à la Concurrence Mario Monti pour tenter d’obtenir le feu vert à leur projet de fusion. Les deux compagnies se sont engagées à céder des créneaux horaires sur plusieurs routes reliant Amsterdam à Paris, Lyon, Rome et Milan (en raison de l’alliance existant entre Air France et Alitalia) mais aussi les États-Unis. Ces derniers jours, les négociations butaient encore sur certaines concessions que la commission souhaitait voir Air France faire sur son réseau intérieur. Le souci de Bruxelles serait que le concurrent qui récupérerait des slots entre les Pays-Bas et la France puisse exercer son activité dans de bonnes conditions en lui permettant d’opérer sur certaines lignes intérieures en France afin de remplir ses avions. Reste à savoir également si Air France et KLM, pour augmenter leurs chances, n’ont pas aussi proposé de réduire la voilure sur d’autres lignes entre la France et les Pays-Bas, ce qui remettrait en cause le projet initial (voir ci-dessus) concocté dans l’Hexagone. « Si on donne le feu vert, on expliquera les engagements des compagnies » nous a expliqué lundi Amelia Torres, porte-parole du commissaire chargé de la Concurrence. Cette dernière faisait remarquer, qu’en cas de refus au projet de fusion, les compagnies avaient la possibilité de demander à Bruxelles de commencer à travailler ensemble le temps que soit achevée l’enquête plus approfondie. « Je ne sais pas si cette dérogation existe aux États-Unis », soulignait-elle.

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