Pourquoi Air France a choisi de retourner à Taiwan

Transport
Le B777-200 a été accueilli à Taipei par un "water salute" des plus traditionnels

L’actualité d’Air France ce n’est pas seulement les grèves et un dialogue social qui tourne au dialogue de sourds. L’actualité d’Air France c’est aussi du développement. Après l’ouverture de Nairobi il y a un peu moins d’un mois, la compagnie française a lancé, le 16 avril, un vol entre Paris et Taipei. En réalité, il s’agit d’un retour sur une route où Air France était présente entre 1993 et 1995 et qu’elle avait été contrainte d’abandonner pour des raisons de rentabilité.

 

Air France va opérer trois vols par semaine

Les raisons de ce retour, opéré 3 fois par semaine (les lundis, jeudis et samedis au départ de Paris et les mardis, vendredis et dimanches au départ de Taipei) en Boeing 777-200 équipé des cabines de dernière génération d’Air France (280 sièges dont 40 en classe affaires, 24 en premium et 216 en classe économique) sont multiples.

 

Économie dynamique et potentiel touristique

Il y a d’abord le dynamisme économique de l’Asie en général et de la sphère d’influence chinoise en particulier, qui constitue un relai de croissance dont Air France veut sa part. A cela s’ajoute un potentiel de développement touristique certain des deux côtés de la route.

 

L’expérience de KLM

Il y a aussi les bons résultats affichés par KLM entre Amsterdam et Taipei, route opérée depuis 35 ans par la compagnie néerlandaise et sur laquelle elle positionne aujourd’hui un vol quotidien. Ils viennent conforter la compagnie dans un choix qui s’inscrit dans une logique globale d’Air France KLM visant à amener Air France là où KLM est bien positionnée et vice versa.

 

Un partenariat fort avec China Airlines

Il y a enfin la présence sur place d’un partenaire local puissant, China Airlines, qui travaille déjà depuis longtemps avec KLM. Les trois vols par semaine (le service minimum pour une ouverture de ligne) qu’Air France opérera dans un premier temps, avec l’ambition de monter en puissance si tout se passe bien, le seront donc en partage de code avec la compagnie taïwanaise.

 

Ce qui permettra à China Airlines d’introduire une nouvelle desserte dans son portefeuille de destinations européennes. Et ce, malgré les restrictions imposées par l’accord bilatéral actuel : un seul opérateur de chaque côté de la route, en l’occurrence Air France et Eva Air.

 

A l’occasion d’une conférence de presse organisée sur place après que le premier avion d’AF se fut posé à Taipei, Steve Chang, vice-président de China Airlines a d’ailleurs déclaré que sa compagnie allait « traiter cette nouvelle route comme s’il s’agissait de son propre produit et dire que dorénavant China Airlines dessert 6 villes en Europe et non plus 5 (NDLR : Berlin, Londres, Amsterdam, Francfort et Rome) ».

 

Ce partage de codes entre les deux capitales est étendu d’un côté aux vols qu’opère China Airlines vers Sydney et Melbourne  et de l’autre aux vols d’Air France vers Amsterdam et Francfort. Les deux compagnies iront-elles un jour plus loin? on ne le sait pas encore.

 

Mais dans le magazine de bord actuellement embarqué dans ses appareils, China Airlines parle d’ores et déjà de « joint-venture ». Simple erreur ou heureuse anticipation ? L’avenir le dira.

 

 

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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