Retard : La carte d’embarquement ne sera plus nécessaire pour obtenir son indemnité

Transport

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), se félicite Flightright, s’est prononcée en faveur des passagers aériens dans le cadre d’un vol retardé.

La présence à l’enregistrement du passager sur un vol retardé est dorénavant considérée comme acquise dans la mesure où le passager dispose d’une réservation confirmée. La Cour précise que le droit à indemnisation des passagers ne saurait être conditionné à la mise à disposition par le passager de sa carte d’embarquement ou de toute autre document attestant sa présence à l’enregistrement du vol retardé. Le transporteur aérien ne pourra refuser de procéder au paiement de l’indemnisation que s’il dispose d’éléments permettant de démontrer que le passager n’était pas présent sur le vol retardé.

Depuis un arrêt de la Cour de cassation du 14 février 2018, le passager devait apporter la preuve de sa présence à l’enregistrement du vol retardé, notamment par la présentation de sa carte d’embarquement afin de pouvoir prétendre à une indemnisation. Un fait sur lequel de nombreuses compagnies ont capitalisé pour refuser d’indemniser.

Pauline Bérino, experte juridique chez Flightright commente cette prise de position de la Cour : « Nous saluons ce tournant majeur qui aura sans aucun doute un retentissement sur l’ensemble du marché français et européen dans le domaine du droit des passagers aériens. »

Cette décision intervient dans le cadre d’un litige opposant deux voyageurs à une compagnie low-cost suite à un retard important d’un vol retour Paris/Venise. La compagnie aérienne, qui ne conteste pas ce retard, rejette la demande d’indemnisation au motif de l’absence de cartes d’embarquement en tant que preuve de leur présence à l’enregistrement.

Les demandeurs ont fait valoir la nécessité de clarification du problème de la preuve de la présence à l’enregistrement, en faisant valoir, notamment, que la possession d’une carte d’embarquement ne préjuge pas d’une présentation effective à l’enregistrement, ni d’un embarquement du passager à bord. Ils ont également mis en avant la notion « d’enregistrement » dans laquelle il est nécessaire de prendre en compte l’évolution numérique et la dématérialisation des achats de billets, les modes d’enregistrement en ligne et les supports électroniques des billets.

Pauline Bérino ajoute : « Nous nous réjouissons de cette décision qui reflète non seulement nos efforts pour obtenir ce tournant jurisprudentiel, mais aussi notre mission de faciliter un accès simple et rapide à la justice aux passagers aériens. Désormais, ces passagers ne seront plus victimes des différentes interprétations du Règlement européen par les juridictions nationales ».

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *