Roissy et Orly : le grand chambardement

Transport

Figer la situation actuelle à CDG à un niveau de capacité à ne pas dépasser.
Roissy étant en sous-capacité, la mesure pourrait durer plusieurs années.
ADP veut transférer une quinzaine de vols quotidiens de CDG à Orly.
Le manque de capacité à Roissy depuis l’effondrement du terminal 2E de Roissy tourne au casse-tête. Après les tours de passe-passe de la semaine dernière pour écluser le trafic, une réunion a eu lieu mardi à la DGAC pour examiner le gel des créneaux horaires à Roissy afin de ne pas aggraver la situation et y voir un peu plus clair. Alors qu’aucune mesure définitive n’a été prise à l’heure de notre bouclage, l’idée n’était pas d’annuler des vols existants, ni ceux qui n’ont pas encore débuté et qui ont déjà reçu toutes les autorisations nécessaires, mais de figer la situation actuelle à un niveau à ne pas dépasser. Pour combien de temps ? Peut-être pour plusieurs années. Car, sans même parler d’une démolition de la zone d’embarquement du T2E, sa seule reconstruction prendrait au moins un an, à partir du moment où les causes du drame auront été identifiées. Ce qui prendra du temps. La remise en service de la zone d’enregistrement du T2 permettrait de récupérer de la place, mais elle ne se fera pas avant plusieurs mois. La commission de sécurité ne passera qu’après l’été et il faudra ensuite une autorisation délivrée par arrêté préfectoral. L’autre solution également évoquée en coulisses est de stopper les travaux à CDG1 une fois la première tranche de rénovation achevée dans un an environ. D’ici là, ADP et la DGAC ont d’autres projets (voir QDT d’hier). Le transfert de certaines compagnies de CDG2 à CDG1 pourrait passer par un allégement de CDG1 via un transfert de transporteurs vers CDG3, dont une partie de l’activité pourrait aller vers des aérogares de fret. Reste le déplacement d’une quinzaine de vols quotidiens de Roissy à Orly qui ne pourrait se faire qu’avec l’utilisation temporaire des slots inutilisés d’aménagement du territoire puisque Pierre Graf, président d’ADP, a indiqué qu’il ne toucherait pas au plafond de 250 000 mouvements annuels. L’été s’annonce vraiment très chaud.
Menaces de blocage des pistes à Orly
L’affirmation d’ADP qu’un déplacement de compagnies de Roissy vers Orly se ferait sans la levée du plafonnement d’Orly à 250 000 mouvements n’a pas convaincu les riverains. Certains élus ont brandi la menace du « blocage des pistes ». Il est vrai que l’argument de Pierre Graff, président d’ADP, comme quoi « seuls 203 000 créneaux ont été utilisés en 2003 », n’est pas clair. Car la situation de l’année dernière est exceptionnelle puisqu’elle est liée à l’arrêt d’Air Lib et d’Aéris et, dans les deux cas, à un laps de temps très long avant le démarrage des vols des compagnies qui ont hérité des créneaux. Enfin, si l’on puise à Orly les slots non utilisés d’aménagement du territoire, cela sera insuffisant pour accueillir une quinzaine de vols par jour de CDG, qui en nécessitent le double.

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