SNCF : Pour le Premier ministre, il faut « oser la réforme ! »

Transport

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a présenté lundi matin la méthode et le calendrier de la réforme de la SNCF. D’abord un premier constat : « Les Français sont profondément attachés au service public ferroviaire. Chaque jour, c’est plus de 4 millions de voyageurs. Il est le gage de la cohésion entre les territoires, de la compétitivité de nos entreprises, de l’attractivité du pays ». Pour autant, tout n’est pas rose, loin de là.

Briser la quadrature du cercle

Le Premier ministre a commencé par pointer ce qui ne fonctionne pas dans le quotidien des Français : « Le train supprimé au dernier moment, le stress d’arriver en retard au travail, l’angoisse de ne pas être à l’heure pour la sortie de la crèche…. On a laissé vieillir notre système ferroviaire et les Français subissent, au quotidien, la dégradation de la qualité du service ». Et, avec un deuxième constat, ce qui les touche directement au portefeuille : « Alors-même qu’il fonctionne de moins en moins bien, le système ferroviaire coûte de plus en plus cher aux Français : 14 Md€ de soutiens publics par an ».

 

Bref, pour le gouvernement il est temps de briser la quadrature du cercle : « La dégradation du service public est allée de pair avec un endettement vertigineux de la SNCF. Pour rembourser les seuls intérêts, la SNCF doit payer chaque année 1,5 Md€ : cet argent va aux banques, il ne rend aucun service public ».

Ce que la réforme n’a pas vocation à être

Le dossier est sensible et Édouard Philippe  s’est attaché à le déminer. : « La réforme de la SNCF n’est pas moins d’argent pour le service public : 10 M€ par jour seront consacrés, pendant dix ans, à l’amélioration du rail (…) la réforme de la SNCF n’est pas une réforme des petites lignes. On ne décide pas la fermeture de 9000 km de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables (…) la réforme de la SNCF ne prépare pas sa privatisation : la SNCF est un groupe public qui porte des missions de service public. Elle est dans le patrimoine des Français et elle y restera ».

Quel nouveau pacte ?

Ce que les autorités entendent réaliser, c’est une mutation vers plus d’efficacité : « nous construirons une nouvelle SNCF. L’organisation actuelle du groupe avec 3 établissements publics est trop rigide et trop fragmentée. Les cheminots en souffrent quotidiennement. Il faut plus d’efficacité et de souplesse. Je veux un groupe véritablement intégré ».

Quel statut pour les cheminots ?

Le statut des cheminots est un des points clés de la réforme. Le gouvernement entend le maintenir, mais pas pour les nouveaux entrants : « Les cheminots qui travaillent déjà à la SNCF ont passé un contrat moral avec l’entreprise qui leur assure notamment un déroulé de carrière, et une garantie de l’emploi. La réforme ne remettra pas en cause ce contrat moral. A tous ceux qui veulent s’engager dans la SNCF : vous bénéficierez des conditions de travail de tous les Français, celles du code du travail ».

Quelle méthode ?

 Mi-mars un projet de loi d’habilitation sera soumis au Parlement  : « Nous pouvons bâtir une réforme de la SNCF équilibrée, bonne pour le service public, pour les cheminots comme pour les usagers. Le temps est venu d’oser la réforme que les Français savent nécessaire ».

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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