Taxes sur les billets d’avion : « le gouvernement a décidé de faire disparaître le transport aérien français » (Scara)

Transport

Colère des compagnies aériennes membres du Scara* après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une taxe écologique qui sera intégrée à la taxe Chirac, « laquelle est, au passage, dévoyée de son objet premier ».

« La faillite de deux compagnies aériennes françaises en l’espace d’un mois n’aura pas permis au gouvernement de mettre fin à sa politique d’asphyxie du transport aérien », s’alarme le Scara. « Bien au contraire, au lieu de prendre des mesures propres à lui redonner de la compétitivité, le gouvernement affiche maintenant clairement sa volonté de renforcer ses actions en faveur de la disparition du transport aérien français ».

La taxe écologique décidée au mois de juillet et votée hier à l’Assemblée Nationale va être intégrée à la taxe Chirac alors que son objectif « est de contribuer au financement d’Unitaid, organisation internationale spécialisée dans l’achat de médicaments pour les pays en voie de développement. Elle a été majorée en 2014 de 12,7%. Cette taxe s’applique aux seuls billets d’avion au départ de France. Les autres modes de transports tels que le ferroviaire et les autocars qui concurrencent directement le transport aérien sur bon nombre de lignes européennes et nationales, ne sont pas concernés par la taxe de solidarité ».

Par ailleurs, « la taxe écologique ne servira pas à développer des solutions propres à contribuer à la protection de l’environnement, mais à financer le principal concurrent de l’avion en France, à savoir le train. Lequel est déjà largement subventionné par les deniers publics et n’est pas le moindre pollueur ».

Le Scara rappelle sa position : « Les compagnies aériennes, en France, sont asphyxiées par un nombre considérable de taxes qui entravent leur compétitivité et grèvent leurs revenus. L’avion a la particularité en France d’être le seul mode de transport à payer et à financer toutes ses infrastructures, ainsi que nombre de missions normalement dévolues à l’État, telle la sûreté dans les aéroports.  L’avion paie aussi des taxes pour aider à l’insonorisation des logements des riverains des aéroports ainsi que la taxe de solidarité dite taxe Chirac ».

Le syndicat ne manque pas d’arguments : « Le transport aérien pèse pour seulement 3% du total des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, soit 13% de l’ensemble des moyens de transport de la planète. Tout d’abord, contrairement aux idées fausses actuellement véhiculées, il existe déjà une taxe kérosène puisque pour pouvoir consommer du carburant, les compagnies aériennes doivent acheter en Europe des permis d’émission de CO2 (ETS).  Aussi le souhait du ministre de l’Economie de mettre en place une taxe européenne sur les carburants des avions est-il déjà réalisé. Ensuite, le transport aérien travaille sur plusieurs pistes en même temps pour réduire son empreinte écologique : performances aérodynamiques, rendement des moteurs, allègement du poids des avions, utilisation de nouveaux carburants, amélioration des procédures opérationnelles et réduction des émissions carbone. Notamment, les compagnies aériennes mettent en place le système Corsia (régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale). Ce système, totalement novateur, vise à financer des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre tels la plantation de forêts, le développement de l’énergie solaire et éolienne, etc ».

 * Le Scara regroupe 47% des compagnies aériennes françaises, basées en métropole et dans les territoires ultra-marins ainsi que des sociétés d’assistance aéroportuaire et de formation. 

 

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