United prend le virage international

Transport

Capacité sur l’international en hausse de 14 % avant mars.
Objectif : le long-courrier doit représenter 50 % du CA.
Remise à plat du modèle de hub dépassé par les low cost.
Alors que beaucoup d’experts avaient du mal à comprendre pourquoi les compagnies américaines ne cherchaient pas à réduire la voilure sur le réseau intérieur pour débouler en force sur les vols internationaux, la donne est en train de changer. Mercredi, United Airlines, toujours placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites américaine, a clairement annoncé le virage. D’ici à mars 2005, la compagnie de Chicago compte augmenter sa capacité à l’international de 14 % pour qu’elle atteigne 40 % de son offre. A l’inverse, la capacité sur le réseau intérieur sera réduite de 12 %, par rapport à août 2004. Soixante-huit avions seront retirés de la flotte qui comptera 455 appareils. Soit une baisse de 13 % par rapport à août 2004. Une fois le réseau restructuré, United entend réaliser la moitié de son chiffre d’affaires sur son réseau international. « Notre stratégie est toujours de réaligner la taille de notre flotte et son déploiement aux conditions du marché », explique Glenn Tilton, PDG de United. Ce nouveau cap reflète un changement du modèle de hub sur lequel travaillent toutes les Majors US. Réalisant grosso modo 80 % de leur chiffre d’affaires sur le réseau intérieur en organisant leur trafic autour de leurs hubs respectifs, elles sont complètement dépassées par les low cost qui proposent un meilleur produit (vols directs) et moins cher. Pour s’en sortir, les grandes compagnies doivent de se développer à l’international et troquer un système de hub construit sur le trafic intérieur pour un système axé sur le long-courrier. Si les transporteurs américains vont chercher à étendre leurs ailes en l’Asie, elles pourraient également se développer en Europe, à condition de trouver des créneaux horaires sur les aéroports saturés. D’autant qu’elles peuvent profiter d’un euro fort. « Dix centimes d’appréciation de l’euro face au dollar correspondent à 1,5 point de rentabilité qui bascule en faveur des compagnie américaines », précise un expert. En revanche, une déferlante américaine sur le long-courrier risquerait de déboucher sur une situation sur-capacitaire entraînant une guerre des prix.

Publié par La Rédaction
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