Vers une indemnisation des retards aériens

Transport

Le conseil national des clients aériens lance le débat.
Une recommandation pourrait être faite au gouvernement.
Problème : 27,5 % des retards causés par les compagnies.
Aujourd’hui, les passagers victimes d’un retard aérien ne peuvent être indemnisés que s’ils prouvent en avoir subi un dommage (*). Seront-ils un jour indemnisés systématiquement un peu comme le pratique la SNCF sur les retards excédant 30 minutes ? On n’en est pas encore là. Mais Marc Deby, président du Conseil national des clients aériens (CNCA), entend lancer le débat le 6 avril 2004 lors de la prochaine réunion du conseil rassemblant des représentants des compagnies, des aéroports, des clients et de l’administration, ou encore des agences de voyages. A l’issue de cette réunion, qui s’annonce houleuse avec les représentants des compagnies, une recommandation sur le sujet pourrait être adressée au ministre des Transports. « Les retards sont une plaie du transport aérien. On ne peut pas accepter de risquer une fois sur quatre d’avoir 45 minutes de retard lorsque l’on prend l’avion, explique le président du CNCA. Que valent alors les horaires affichés par les compagnies ? » Surtout qu’en 2003, alors que le trafic français a chuté de 0,6 % par rapport à 2002, la ponctualité au départ se situe à un niveau équivalant à celui de 2002, à 73,7 %. Et lorsque l’avion est retardé, il l’est en moyenne de 44 minutes, en hausse de 10 % sur 2002. « Que se passera-t-il quand le trafic repartira à la hausse ? (..) c’est inquiétant », note Marc Deby. Son projet se heurte à de sérieux obstacles. Déjà, dans l’hypothèse qu’il soit suivi par le gouvernement, une indemnisation des retards ne peut concerner que les vols intérieurs, puisque les vols internationaux sont régis par les conventions internationales. Ensuite, se poserait une question de taille : qui paiera ? Car, à l’inverse de la SNCF, les responsabilités des retards aériens incombent à une multitude d’acteurs et non pas aux seules compagnies aériennes, à l’origine en 2003 de 27,5 % des retards. Et on imagine mal un transporteur payer pour un retard causé par une grève des aiguilleurs du ciel. D’où l’avis de nombreux observateurs : ce projet est irréaliste. Mais explosif.
(*) Selon la Convention de Varsovie.
A Roissy, 33 % des vols ne partent pas à l’heure avec un retard moyen de 45 minutes
En 2003, 33 % des vols au départ de l’aéroport Roissy-Charles-de Gaulle sont partis en retard avec un délai moyen par vol retardé de plus de 45 minutes. Dans le détail, 28 % des avions ont subi un retard compris entre 15 minute et une heure et 5 % des vols ont enregistré un retard de plus d’une heure. Grosso modo, ces piètres performances ressemblent à celles constatées les deux années précédentes. Selon l’observatoire des retards, les très gros aéroports sont plus pénalisés car ils regroupent des activités long-courriers, des hubs, et l’impact d’une météo dégradée y est plus difficile à gérer.

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