Pourquoi la Martinique annonce un record de 1, 04 million de visiteurs

Destination
Joëlle Désir (directrice), Karine Mousseau (présidente) et Gaëtan Paderna (directeur marketing & communication) du Comité martiniquais du Tourisme.

Malgré les ouragans Irma et Maria, la Martinique a battu son record de fréquentation l’an dernier. Le segment de la croisière porte la croissance en 2018. La Martinique continue à parier sur une offre innovante et connectée.

 

L’an dernier au début de septembre, Irma et Maria ont dévasté la Caraïbe. Quelques jours plus tard, sur le salon du tourisme IFTM Top Resa, le Comité martiniquais du tourisme restait prudent dans ses prévisions pour la fin de la saison. Certes, l’île avait été épargnée par les ouragans et la destination avait engrangé de bons chiffres. Mais la réaction des clients est toujours une inconnue.

 

Un an plus tard, le CMT affiche sa satisfaction sur Top Resa. Sa présidente, Karine Mousseau, et sa directrice, Joëlle Désir, ont rappelé -il avait été  annoncé dès février- le record « absolu »* de 2017 en termes de fréquentation touristique. 1,041139 million de visiteurs! Soit une hausse de 16,9% par rapport à 2016, pour des recettes touristiques de 424 M€, en hausse de 28,9%.

 

Comment expliquer un tel score ?

La croisière a connu une très belle croissance (voir ci-dessous). Les séjours ont aussi progressé. Le CMT a enregistré sur 2017 une hausse du nombre de touristes en séjour de 3,1% (à 535.647 voyageurs). Soit un léger tassement par rapport aux +4,9% engrangés avant l’ouragan. Du côté des tour-opérateurs et du Seto, le phénomène climatique explique la méforme de la destination.

 

« Les tour-opérateurs et agences de voyages représentent un trafic passagers de 30%, explique Gaetan Paderna, directeur marketing & communication du CMT. Nous avons 55% de repeaters à la Martinique. Les touristes viennent par eux-mêmes. La part de l’hébergement non marchand a aussi beaucoup augmenté. Mais le gâteau grossit…»

 

La croisière se porte très bien

Si le nombre de croisiéristes a crû de près de 44 %, la Martinique le doit en partie aux changements d’itinéraires des compagnies. Les dégâts d’Irma et de Maria dans d’autres destinations de la région (Saint-Martin, par exemple) ont obligé à des modifications d’escales.

 

Pour 2018, la bonne tendance se  poursuit de janvier à juin. La Martinique accueille de nouvelles croisières en tête de ligne. Sur le premier semestre 2018, avec une hausse de 54,7%, la croisière tire ainsi la fréquentation touristique en Martinique. Le nombre de visiteurs croisières (303.790) dépasse celui –stable- des touristes en séjour (296.294, -0,3%).

 

Une diversification des marchés

Le CMT se targue d’une diversification de ses marchés émetteurs. Entre 2014 et 2017, la part de marché de la France (hexagonale) a réduit de 12 points, de 78,7% à 66,3%. L’Europe (notamment l’Allemagne avec les vols de Condor) est passée de 3,2% 8,8%. L’Amérique du Nord de 2,4 à 6,8%. Les destinations autres (majoritairement régionales) de 15,7% à 18,1%.

 

La desserte aérienne sur les USA s’est réduite à 3 villes : Miami (Air France et American), New York et Fort Lauderdale (Norwegian). En nouveautés, Aigle Azur se place en code-share sur Berlin/ Fort-de-France ; XL Airways ajoute un vol saisonnier (janvier-mars) au départ de Nantes et Level propose un vol Paris/ Fort-de-France.

 

Plus d’offres connectées

Pour accueillir un afflux de touristes, la Martinique travaille une montée en gamme de son hébergement (ouverture de la résidence 4* Diamant-les-Bains en décembre, rénovation de l’hôtel Bambou 3*…).  Un développement du label Qualité Tourisme pourrait déjà bénéficier à 63 établissements (hôtels, restaurants, habitations, sites d’activités) cette année.

 

Diverses initiatives numériques voient le jour pour simplifier le parcours du touriste. En commençant par la location de voiture avec une nouvelle appli sans clé, Jumbo Car. Mais aussi l’appli Martinique Tour pour organiser son périple sur l’île ou le site Atawane pour découvrir et réserver un choix d’activités (aquatiques, bien-être, randonnée…).

 

« Le digital est au cœur de la stratégie du CMT, souligne Gaétan Paderna. Après Irma, les images de plage en direct, ainsi que de touristes sur place ont aidé à faire passer le message que l’on pouvait venir sans problème en Martinique. »

 

Les sargasses, l’inconnue de l’hiver 2018-19

Gageons qu’il en sera de même avec le problème des sargasses. De retour depuis le printemps dans les Antilles et la Caraïbe, ces algues brunes aux émanations toxiques envahissent les plages de la région.

Les sargasses vont pouvoir être « ramassées dans les 48 heures après échouage » a promis le président Emmanuel Macron en déplacement ce week-end aux Antilles (Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin). Un engagement financier (10 M€ sur 2 ans) qui arrive à point nommé pour les professionnels du tourisme dont les clients hésitent à choisir les Antilles en soleil d’hiver…

 

*On se souvient que l’objectif du million de visiteurs en Martinique avait été fixé pour 2020. Il y a 7 ans, Karine Roy-Camille, précédente présidente du CMT, l’avait annoncé à l’AFP lorsque la destination accueillait 621.000 touristes.  En parallèle, l’objectif était de 625 M€ de recettes d’ici 2020.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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