Pourquoi vous ne devez pas boycotter l’Arabie Saoudite

Destination
Al'Ula, mise à l'honneur récemment lors d'une grande exposition à l'Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, est l'un des joyaux de l'Arabie saoudite. ©Adobe Stock

Avec son projet “Vision 2030”, l’Arabie Saoudite est décidée à s’imposer sur la scène touristique même si, pour cause de coronavirus, les visas touristiques si rapidement donnés depuis l’année dernière sont majoritairement suspendus.

 

Des projets pharaoniques

Bientôt des millions de touristes se précipiteront aux portes de l’Arabie Saoudite et pas uniquement pour faire un pèlerinage, mais bien pour passer des vacances ! Rien que « pour la région d’Al-Ula (à 1h15 de vol au nord de Riyad) on attend plus de deux millions et demi de visiteurs en 2035. Nous avons l’intention de transformer l’aéroport d’Al-Ula en hub, de créer des musées, des hôtels… On forme aussi à l’international des guides touristiques », affirme Saad Almatrafi, responsable des médias auprès de la RCU (Royal Commission for Al-Ula).

Le site d’Al-Ula fait partie des trois projets touristiques majeurs soutenus par le prince Mohammed Ben Salman (MBS) avec Al Quiddiya, un gigantesque parc de loisirs à 40 km de Riyad et « The Red Sea project », une station balnéaire de luxe avec des dizaines d’îles naturelles aménagées et dotées de resorts. Ce dernier fait partie d’un projet pharaonique centré sur une cité du futur « Neom » aux ambitions environnementales.

 

De sérieux atouts

Une heure, c’est le temps qu’il faut normalement (hors période de Covid-19) pour obtenir son visa touristique saoudien ! Une petite révolution qui s’accompagne de la nomination d’un ministre du Tourisme en février dernier. On assiste à une véritable révolution sociétale. Et même si l’alcool n’est pas encore permis, les codes vestimentaires évoluent notamment pour les touristes étrangères. Plus besoin de porter l’abaya mais une tenue « pudique », précisent les autorités (par exemple, un pantalon et une chemise). Un signe pour les TO qui n’ont jamais programmé ce pays jadis très fermé. Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde, ne cachait pas à la fin de l’année dernière ses intentions dans la région d’Al-Ula dont les paysages spectaculaires font rêver plus d’un touriste.

A cheval entre montagnes et désert, cette oasis a été traversée depuis 7 000 ans par les caravanes d’encens et d’épices pour finalement devenir un corridor de pèlerinage. Al-Ula (région grande comme la Belgique) possède des richesses archéologiques nabatéennes et préi-slamiques inestimables comme le site de Hégra (soeur de Pétra en Jordanie), la vieille ville d’Al-Ula, l’Elephant Rock, la route des gravures préhistoriques…

 

Un marché de niche

Vouée à un grand projet touristique force est de constater que la région d’Al-Ula est réservée pour l’instant aux happy few qui peuvent se permettre de dépenser entre 8 000€ et 20 000€ le temps d’un long week-end. Gérées par des agences locales comme Almosafer, les packages sont accessibles pendant le festival “Winter at Tantora” entre octobre et mars pour des raisons climatiques. La température pouvant monter jusqu’à 50 degrés dans le désert en été. Un positionnement luxe qui a largement de quoi satisfaire les clients exigeants…

Avant l’ouverture dès 2023 des trois hôtels Aman et de l’hôtel troglodyte de Jean Nouvel, l’hébergement à Al-Ula se résume à cinq resorts éphémères (entre 300 et 500 lits) qui proposent des tentes de luxe plantées au coeur de canyons spectaculaires. Idem pour les cinq restaurants qui proposent le temps de la saison d’hiver une carte digne d’une adresse de Paris, de Londres et de Monaco. Des adresses nichées au coeur du désert au milieu d’un canyon ou d’une faille rocheuse. Impressionnant !

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