Tahiti : plus accessible, la destination se prépare à recevoir plus de touristes

Destination
Tahiti, projet village tahitien
Le Village Tahitien: idée de projet de la place centrale dessinée par l'architecte afin de présenter le cahier des charges du site.

Avec l’arrivée de United et de French Bee (ex-French Blue), 2018 est une année  charnière pour Tahiti et ses îles. Le projet de Village Tahitien pourrait doubler la capacité hôtelière de Tahiti. L’île veut se donner une dimension de destination à part entière.

 

Ce ne sont pas moins de 40% de sièges supplémentaires que United Airlines et French Bee (ex-French blue) vont apporter cette année sur Tahiti et ses îles. La compagnie américaine avec 3 vols hebdo à partir d’octobre offrira une moitié de sièges premium. Alors que French Bee à partir du mois de mai est du « smart cost » précise Nicole Bouteau, ministre du Tourisme.

 

Ce qui peut signifier « une clientèle plus jeune mais pas forcément low cost ». Et de laisser échapper que des discussions sont aussi en cours « avec Qantas pour une ouverture de route Sydney-Papeete ».  Pour répondre à ce futur afflux de passagers, Air Tahiti a déjà prévu 15 vols inter-îles supplémentaires par semaine. Et la toute nouvelle compagnie d’hélicoptère (partenariat Air Tahiti Nui/ Mont-Blanc) commencera à opérer avec 2 appareils de 6 places dès le mois de mai.

Tahiti, Teva Rohfritsch, Nicole Bouteau
Teva Rohfritsch (vice-président de la Polynésie française), Manfred Chave (chef de cabinet), Vaiana Tematua (chef de cabinet de la ministre) et Nicole Bouteau (ministre du Tourisme) à Paris le 20 février à la rencontre des tour-opérateurs et agences.

 « Redonner à Tahiti ses lettres de noblesse »

L’enjeu maintenant est de « proposer une évolution du nombre de chambres en Polynésie », a souligné Teva Rohfritsch le 20 février à Paris. A Tahiti, la capacité est d’un millier de chambres. Le projet du Village Tahitien (voir encadré ci-dessous) devrait permettre de doubler d’ici 5 à 10 ans le nombre de chambres d’hôtels. Et ce, en catégorie 3*, 4* et 5*. Car le marché européen est plus axé sur une offre en trois ou quatre étoiles.

 

En attendant ces constructions, le gouvernement polynésien veut aussi apporter son aide aux propriétaires de pensions de famille, souvent locaux. « C’est un modèle d’hébergement dont nous voulons contribuer à améliorer la qualité. Pour avoir plus de pensions classées –seulement une centaine sur 300 actuellement- nous allons aider les familles à rénover, à gagner en visibilité. » Des projets existent également pour la réouverture d’hôtels à Tahiti.

 

L’objectif est clairement cité : faire de Tahiti une véritable destination où explorer les alentours de Papeete (cascades, musée…).  « Un tourisme, bleu, vert  et culturel », résume la ministre. Second objectif :   allonger la durée de séjour à Tahiti même, l’île étant trop souvent intégrée comme simple étape de  transit dans un combiné d’îles.

 

Des TO aux réactions variées

« Une excellente nouvelle, considère Hélion de Villeneuve, directeur général du TO spécialiste Austral Lagons. On aura de la place supplémentaire sur les vols dès cet été et on nous annonce de l’hébergement. C’est ce qui manquait, cela va permettre de faire baisser le coût de l’aérien pour proposer plus d’hôtellerie sur place à nos clients. »

 

La chef de produit Polynésie de Marco Vasco est, elle, plus inquiète de  « l’arrivée des excursionnistes américains qui sont privilégiés par les prestataires, lesquels peuvent annuler une activité réservée depuis plusieurs mois».

 

Le Village Tahitien pour doubler la capacité hôtelière

Tahiti, Teva RohfritschLe projet de Village Tahitien a été revu. Plus modeste, plus réaliste, plus en phase avec la destination, il pourrait comporter 1.200 chambres. Contre 4.000 imaginées initialement.  « Les 1.200 chambres sont un objectif. Tout dépend des dossiers déposés par les candidats aux appels à projet» explique Teva  Rohfritsch, vice-président de la Polynésie française et ministre des Finances.

Sur l’emplacement de l’ancien Sofitel Maeva Beach, le projet pharaonique à 250 Md de francs pacifiques (environ 2,095 Md€) sur le site d’Omotumaoro, face à Moorea, a donc été amendé. Il est désormais divisé en 16 lots comprenant 4  hôtels, des condominiums, une marina, un centre culturel, un parc et une plage publics, un espace de conférence modulable, etc. Le projet global d’aménagement est pensé comme  un…  village autour d’une place centrale.

« Nous ne voulons pas créer un ghetto à touristes », indique le vice-président, tout en reconnaissant que le Village Tahitien sera comme une enclave sécurisée. Néanmoins, avec les espaces publics, touristes et locaux pourront se rencontrer. Une partie du site a d’ailleurs déjà ouvert au public le 23 octobre dernier. L’accès devrait se faire à terme par des navettes maritimes.

 Les premiers hôtels espérés dès 2024

Les opérateurs et investisseurs intéressés ont déposé leurs offres le 15 février. « Plusieurs groupes ont manifesté leur intérêt » se réjouit Teva Rohfritsch. Certains pour l’ensemble des lots comme « un fonds d’investissement maori de Nouvelle-Zélande », d’autres pour un ou deux lots comme « un groupe thaïlandais » On devrait connaître le(s) projet(s) retenu(s) le 13 avril.
Ensuite, les autorités tahitiennes estiment que les constructions pourraient commencer d’ici à 2020. « On espère avoir une première offre touristique hôtelière d’ici 5 à 6 ans, et c’est déjà ambitieux. » souligne Teva Rohfritsch.

En 2017, les hôtels polynésiens ont enregistré des taux d’occupation entre 70% et 80% pour 199.000 touristes (de janvier à octobre – dernier chiffre disponible). Le nombre de touristes avait crû de 4,7% en 2016.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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