Un tour bus pour découvrir la culture hip-hop de Los Angeles

Destination

Lieux de tournages de films cultes, maisons d’enfance des rappeurs et street art : L.A. hood life tours propose aux touristes de visiter le « vrai » Los Angeles.

 

« To live and die in L.A. ! », scandait dans les années 1990 Tupac Shakur, l’un des plus grands rappeurs de tous les temps, relatant l’amour et la haine que portaient les habitants de Los Angeles à leur ville. Car la deuxième ville des États-Unis n’est pas constituée que de plages, de grandes allées bordées de boutiques ou de villas de célébrités. Sous les palmiers californiens se cachent une grande misère, différents trafics et des guerres de gangs qui gangrènent la mégapole. C’est cette partie de l’histoire de la ville qui intéresse la compagnie L.A. hood life tours et ses nombreux clients.

 

Los Angeles est l’un des lieux phares mondiaux de la culture hip-hop, les têtes d’affiche de la ville ayant même réinventé le rap au début des années 1990. Parmi ces grands noms ayant démocratisé le « gangsta rap », on retrouve Tupac bien sûr, mais aussi Dr.Dre et son groupe N.W.A., Snoop Dogg ou encore Cypress Hill. Ce sont les lieux d’enfance de ces icônes que L.A. hood life tours propose de visiter. Le bus sillonne les mal-famés mais fameux quartiers de Compton, Crenshaw, South Central et du Watts, où ont notamment eu lieu les émeutes de 1992, tout en racontant des anecdotes qui plairont à tout fan de hip-hop.

 

 

« This ain’t Hollywood, this is real life ! »

 

Cette visite guidée des ghettos de Los Angeles n’est pas une expérience comme les autres. Elle se fait dans un bus qui passe la musique correspondant à l’endroit, et qui autorise les clients à fumer de l’herbe à l’intérieur. Si ces conditions sont assez peu orthodoxes, entendre « California Love » dans les décors d’origine de ses auteurs, tout en écoutant des anecdotes sur les Crips et les Bloods, les deux gangs historiques de la ville qui la ravagent encore, donne aux visiteurs le sentiment de vivre un morceau des textes de leurs artistes favoris.

 

La visite, qui dure trois heures (entre 11h et 14h tous les jours), ne s’attarde pas que sur le rap des nineties. En effet, Los Angeles génère encore et toujours son lot de grands rappeurs, qui relatent malheureusement les mêmes problèmes sociaux que leurs prédécesseurs, en témoigne le récent décès du rappeur Nipsey Hussle, assassiné devant son magasin. Ainsi, les parcours de Kendrick Lamar ou de Vince Staples, qui sont devenus des stars internationales en alliant musicalité et témoignages de leurs vies, sont d’autres étapes du tour bus. Ce dernier s’arrête aussi devant les grandes fresques colorées garnissant les rues, à l’image de celle représentant Tupac dans l’une des rues qu’il a connues.

 

Le quartier de Crenshaw, à Los Angeles.

 

Dernier volet de la visite : les lieux de tournages de films. Dans ces quartiers déshérités ont été filmées les scènes les plus mémorables de « Boyz n the hood » ou de « Menace to society ». La visite s’arrête aussi dans l’oppressante impasse bordée de palmiers du film « Training day », qui a vu Denzel Washington remporter l’oscar du meilleur acteur en 2002. Disponible pour 75 dollars, cette visite très complète et extrêmement originale s’est vue décerner l’attestation d’excellence de TripAdvisor. Pour contrebalancer son offre, le site de la compagnie propose aussi une visite d’une cinquantaine de propriétés de célébrités. L.A. hood life tours a donc su capitaliser sur la culture hip-hop pour promouvoir le tourisme. Et, à l’heure où le rap est la musique la plus écoutée dans le monde, et notamment en France, cette initiative pourrait peut-être inspirer quelques entrepreneurs.

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