Emploi : « Les agences de voyages aujourd’hui recherchent quel profil exactement ? »

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Suite à notre article paru sur la difficulté de séduire les jeunes à la profession d’agent de voyages, une lectrice nous écrit pour nous apporter son témoignage. Et pointe de nombreux paradoxes…

Pôle Emploi : pas de formations sur les logiciels utilisés dans le tourisme

« Je me permets de rebondir sur votre article concernant ce problème récurrent que rencontre visiblement les agences de voyages et autre TO lorsqu’il s’agit de recruter de nouvelles personnes. J’ai lu différents articles à ce sujet et je reste stupéfaite ! A la suite d’un licenciement économique, je me suis inscrite à Pôle Emploi. Après 27 années passées dans des compagnies aériennes et autres sociétés de services comme les transitaires, j’ai souhaité me réorienter vers le tourisme. Je connais très bien les différentes étapes par lesquelles passent les passagers, les normes de sûreté, les fameuses HLE (à ne pas louper), la validité sur un passeport (histoire de ne pas se faire refuser l’embarquement, etc.).

 

Je maîtrise aussi très bien la géographie et je peux renseigner efficacement les clients sur de nombreuses destinations pour y avoir été. Dix années passées dans des compagnies aériennes représentent beaucoup de voyages… J’ai donc sollicité Pôle Emploi pour obtenir une formation sur les logiciels utilisés dans le tourisme. Mais on m’a répondu que ces formations sont impossibles à obtenir car elles sont très peu demandées !

 

Je suis partie à Madagascar en mission bénévole afin d’aider des exportateurs locaux à se lancer sur les marchés internationaux. Mais un drame familial m’a fait rentrer en France en urgence fin 2017. Je cherche depuis à travailler dans le tourisme mais impossible. Donc quoi faire ? Comment faire ? Les agences de voyages aujourd’hui recherchent quel profil exactement ? Des jeunes bardés de diplômes et issus de la filière touristique ? Et uniquement touristique ? Ne veut-on pas former dans le tourisme ? Si quelqu’un peut apporter un éclaircissement sur cette situation plus que bizarre ? »

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (3)

  1. Ravie de lire un tel courrier car j’ai également été très surprise de lire les nombreux articles récemment parus à ce sujet, je ne suis donc pas la seule. Pour ma part, et pour répondre à certaines interrogations de cette lectrice, je suis, pour reprendre son expression « bardée de diplômes » et ce uniquement dans le tourisme (bac+4), j’ai 15 ans d’expérience dans ce secteur qui me passionne (3 ans et quelques saisons en office de tourisme et 12 ans en agence) et j’ai à mon actif de nombreux voyages dans les 4 coins du globe. Je suis actuellement en poste dans la même agence depuis plus de 12 ans et j’aimerais, pour plusieurs raisons, quitter ce poste et en trouver un similaire ailleurs, histoire de changer d’air et éventuellement d’évoluer … cela fait plusieurs années que j’essaie mais en vain …. Ces derniers temps les offres d’emploi n’ont jamais été aussi nombreuses … le problème, le paradoxe devrais-je dire c’est que les agences recherchent du personnel polyvalent, sachant utiliser les logiciels, ayant un excellent sens commercial ainsi qu’une bonne culture générale et plus particulièrement en géographie, étant capable de gérer parfois l’agence en autonomie etc etc … de mon côté je remplis ces critères … et pourtant … quand j’annonce aux éventuels employeurs mon salaire actuel ils tombent tous à la renverse !!!!! Salaire très honorable pour la profession et acquis au fil des années mais pourtant bien en dessous du salaire moyen des français !!!! On m’a récemment proposé un poste à temps partiel et payé au smic tout en me disant qu’il fallait être capable de gérer seule l’agence …
    Donc pour résumer, le fond du problème à mon sens est qu’il existe un réel et sérieux décalage entre les exigences des employeurs et les salaires proposés. Soit on ne les intéresse pas car on n’a pas assez d’expérience (merci d’ailleurs à la personne qui m’a laissé ma chance en m’embauchant alors que je n’avais aucune expérience en agence) soit on a trop d’expérience et auquel cas on coûte trop cher. Je ne désespère pas mais commence tout de même à songer à changer, bien malgré moi, de secteur ……

  2. Bonjour,

    Avec un parcours pareil, je trouve ahurissant que vous ne trouviez pas un poste dans le tourisme. J’espère que cet article vous aidera à trouver un poste à la hauteur de votre expérience et de votre motivation.

  3. Je rebondis une nouvelle fois sur cet article.
    En 2011 j’engageais une reconversion professionnelle et me suis formée au métier de conseiller voyage en 1 an.
    De toute ma promo (25 personnes) aucun n’a trouvé d’emploi « fixe » en agence ou dans le tourisme.
    Au mieux quelques uns ont testé les cdd à reconductions illimités dans une plateforme téléphonique avec travail du lundi au dimanche, quelques jours fériés et sur des amplitudes horaires de 8h à 22h (bien sûre pas tout en même temps).
    A ce jour, tout le monde a trouvé un emploi ailleurs que dans tourisme.
    Oui je n’avais pas assez d’expérience en agence (mais 15 ans en agence d’assurances), oui j’avais 40 ans, non je ne maîtrisais pas encore parfaitement amadeus, non je n’ai pas fais le tour du monde.
    J’étais quand même très motivée (pas quitté mon boulot pour rien) et m’étais formée aux outils du e-tourisme (faire newsletter, blog, page facebook) pour me démarquer et parce que je pensais sincèrement que ça pouvait être un plus pour l’agence d’avoir quelqu’un qui puisse mettre ça en place pour les fidéliser les clients.
    Le plus détestable ? l’absence de réponse aux candidatures spontannées ou pas, même si le candidat a pris la peine de se renseigner sur les particularités de l’agence.
    Un intérêt et un travail qui n’est déjà par reconnu à cette étape (de là où je venais, il était inconcevable de ne pas répondre aux candidats).
    Mais ça n’a pas suffit, j’ai vite compris : ils veulent des vendeurs qui rapportent beaucoup.
    J’ai essayé un an et je me suis résignée.
    Non ils ne donnent pas souvent la chance au quasi débutant, ne forment pas en interne. Et je suis daccord, les sur-expérimentés galèrent tout autant.
    Ils faut pas oublier non plus que les anciens candidats, les candidats, sont aussi des clients potentiels.

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