Lisa de Go Voyages: « pourquoi j’ai décidé de faire une grève de la faim »

Distribution

Membre du Comité d’entreprise de Go Voyages (Edreams-Odigeo), Delphine dite « Lisa » a entamé une grève de la faim lundi 22 mai. Elle demande à la direction de « prendre la parole sur l’avenir de l’entreprise en France ». Et voudrait aussi voir sa situation personnelle « réglée ».

« C’est rare, et même à mon syndicat, ils n’ont jamais eu un cas comme celui-là » explique Delphine, gestionnaire messages compagnies* chez Go Voyages, qui s’est lancée lundi dans une grève de la faim. « Seule sur le trottoir face au 9 de la rue Rougemont, siège de l’entreprise, je me suis placée le matin avec mes petits cartons expliquant ce que je fais » raconte-t-elle.

 

« J’ai reçu beaucoup de messages de soutien de salariés et de passants dont certains ont pris le temps de lire mes messages. » Que disent ces messages ? « On m’a retiré mon travail », « profit, externalisation », « main-d’œuvre moins chère », « au Maroc, en Inde, en Espagne »… (voir la vidéo ici)

 

« Un appel à la transparence »

Delphine que les agents de voyages et tour-opérateurs connaissent mieux sous le nom de Lisa (afin d’éviter les doublons sur le plateau) a commencé sa grève de la faim pour « avoir des réponses ». « Parce que la direction ne nous entend pas, ne nous répond pas quand on demande quel est l’avenir de Go Voyages en France » explique-t-elle.

 

Outre son cas particulier (voir plus bas), la jeune femme élue du comité d’entreprise demande à sa direction « de la transparence ». « Les salariés souffrent de ne pas avoir de travail, et la direction ne nous donne pas de réponse en CE sur cette situation. Pas plus que sur les salariés qui sont basculés sur des tâches ne relevant pas de leurs compétences ni sur les nombreux départs non remplacés. »

 

Appelée par le responsable RH à un entretien dans son bureau qui lui a « demandé de cesser sa grève de la faim », elle n’a « pas voulu ». Et est retournée avec ses panneaux « sur le trottoir » jusqu’à la réunion extraordinaire du CHSCT convoquée à 14h. A l’issue de cette réunion, et « après avoir eu mon avocate au téléphone », la jeune femme est rentrée chez elle.

 

« Je suis déterminée »

Pour « sa santé » -Delphine est « diabétique »-, elle a interrompu son mouvement mais se dit « déterminée à reprendre prochainement, j’attends les directives de mon avocate mais ils m’ont poussée à bout ».

 

Incluse comme 7 autres représentants du personnel dans le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) de 2015, Lisa n’a plus de poste « externalisé d’abord en Espagne et maintenant en Inde ». « L’Inspection du Travail est venue constater que j’avais un ordinateur avec seulement Internet installé » indique-t-elle.

 

Faute d’une rupture de contrat à l’amiable, Delphine-Lisa reste salariée de Go Voyages. Dernièrement, « on m’a installé une Webcam pour me former à la facturation sur un logiciel qui n’est pas utilisé en France ».

 

Nous avons contacté la direction de Go Voyages, qui nous a apporté la réponse suivante:

« Une de nos collaboratrices a entamé le lundi 23 mai une grève de la faim. Nous souhaitons apporter les précisions suivantes.
Notre priorité est la santé et l’intégrité physique de nos collaborateurs et nous regrettons cette initiative individuelle.
Pour cette raison, elle a été immédiatement reçue par la direction des ressources humaines du groupe et une discussion, impliquant également un représentant du personnel, a eu lieu. Nous restons en contact permanent avec elle et nous travaillons avec l’ensemble des intervenants pour trouver une solution. »

*En charge de la reprotection des passagers en cas d’annulation ou modification de vols.

Article mis à jour le 24 mai.

-
Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.

Vos réactions (2)

  1. Honteux…Les compères Brumelot et Da Silva devraient sourire, j’espère qu’ils auront un geste pour ces collaborateurs qu’ils ont livrés à des financiers sans aucune morale.
    Si les agents de voyages un petit peu plus professionnels faisaient leur travail de recherche du meilleur rapport qualité prix, ils se rendraient compte qu’ils est toujours possible d’obtenir un tarif sans passer par ces gens…Si, les agents de voyages préfèrent voir la gestion de leur clients effectuée par des gens se situant à 15 000km, loin de vos préoccupations…Si vous considérez que vos clients sont comme vos box et que l’assistance se résume à un coup de fil auprès d’un opérateur…Continuez à les vendre…Perso, j’ai fait mon choix, je boycotte Odigeo ! Je me débrouille…Je fais mon métier…

    1. Il n’y a qu’un seul point surlequel je partage votre intervention : Honteux !

      Honteux également votre réaction d’impliquer les deux anciens dirigeants de cette belle entreprise que fut Go Voyages.

      En effet, si vous aviez pris la peine d’en connaitre l’historique, vous auriez su qu’à cette époque , lors de la décision de la fusion avec EDREAMS, les cadres, dont ces deux dirigeants étaient déjà très minoritaires dans l’actionnariat .

      Par ailleurs, la généralisation de l’ externisation de la gestion des appels téléphoniques et de l’assistance, était intervenu entre 2011/ 2012. Un grand nombre de cadres, en désaccord avec cette politique, dont Monsieur Da Silva, avaient déjà été ecartés du désormais ODIGEO.
      Le PDG était alors Monsieur Javier Perez Tenessa.

      • vous incriminez également les agences de voyages, leur reprochant de ne pas savoir travailler , Go Voyages c’étaient aussi des appareils affrètés , des allotements sur des compagnies régulières, des exclusivités tarifaires sur un grand nombre de compagnies …..

      Enfin , Lisa n’ a jamais incriminé les anciens dirigeants …. elle est quand même la mieux placée pour parler de ce qu’elle vit non ?

Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *