Pour Laurent Abitbol, président de Selectour, « il n’est pas normal que ce métier rapporte si peu »

Laurent Abitbol

Après une année 2016 compliquée, marquée par la fâcherie entre le siège de Selectour et des tour-opérateurs majeurs, le réseau retrouve des couleurs.

« Tous les voyants sont au vert ». Laurent Abitbol, président de Selectour, à l’occasion d’une conférence de presse provoquée par le départ du directeur général, Laurent Maucort, remplacé par Jean-Noël Lefeuvre, a tenu à rassurer : « Nous n’avons pas eu de désaccord sur la stratégie, sans doute n’est-il pas facile de travailler avec un omni président. Il ne peut pas y avoir deux numéros 1 ».

 

Un désaccord qui serait d’autant plus difficile à analyser que l’année 2017 est lancée sur sur de bons rails. « Grâce au retour de tour-opérateurs au sein de la centrale de paiement » et une « conjoncture économique favorable », la croissance est de retour « depuis novembre tant « chez « Selectour et Havas ». Visiblement, la période électorale ne semble pas être un frein aux envies de voyager. « 84% des agences de voyages Selectour gagnent de l’argent, souligne Laurent Abitbol. Très peu d’entre elles se trouvent dans des situations préoccupantes ».

Aider les agences éligibles à payer le BSP tous les quinze jours

Laurent Abitbol, qui veut « laisser sa trace comme président de Selectour », affirme qu’il est possible de faire beaucoup mieux. « Il n’est pas normal que notre métier rapporte si peu ». Il travaille sur un « nouveau modèle économique » pour « préparer l’après ». Il n’en dira pas plus. Plus prosaïquement, le réseau aide déjà ses agences à se préparer à de nouvelles échéances comme celles du BSP qui, dès le 1er mai, va prélever les agences tous les quinze jours : « Le réseau, en contrepartie d’un tout petit taux d’intérêt, va se substituer aux entreprises qui sont éligibles aux critères Iata ». Ce qui permet de ne pas avoir à demander aux banques des lignes de crédit. Selectour offre aussi à ses adhérents le service « Amadeus Preference » qui offre aux agences la possibilité de privilégier dans le GDS telle ou telle compagnie aérienne qui apparaîtra ainsi en premier choix. Les négociations avec les transporteurs semblent avoir porté leurs fruits, avec des sur-commissions en forte hausse , et il faudra attendre 2018 pour négocier avec les tour-opérateurs.

 

Par ailleurs, Laurent Abitbol  ne cache pas qu’il serait satisfait de trouver un accord avec Manor et son président, Jean Korcia. Les deux hommes, qui ne se sont jamais rencontrés, devraient profiter du salon Ditex (29 et 30 mars) pour échanger.

 

Reste, encore, à convaincre les patrons qui auraient peur de perdre leur âme d’indépendant en adoptant modèle proposé par Laurent Abitbol qui se concrétise déjà par le lancement d’un nouveau concept d’agences. La première à avoir franchi le pas, Orelis Voyages, est situé à Paris, dans le 6e arrondissement.

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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