Selectour, en route vers une deuxième marque de distributeur

Distribution
Laurent Abitbol, président du Directoire de Selectour

A l’occasion d’un dîner de presse organisé mardi 5 novembre à l’hôtel Bristol à Paris, Laurent Abitbol, président du Directoire de Selectour, est revenu sur l’actualité du réseau et les chantiers en cours. S’il a fait part de son souhait d’avoir « une deuxième marque de distributeur » via peut-être le rachat de Jet tours, il a aussi insisté sur la nécessité pour les vendeurs de « reconquérir la vente de vol sec » et de bénéficier « des meilleurs outils technologiques ». L’objectif final a déclaré le dirigeant, est de « donner 10 ans de vie et de prospérité à nos agences ».

 

 

 

Santé du réseau

 

Fort de ses 1 231 points de ventes, « Selectour est en grande forme » indique Laurent Abitbol qui évoque « 97% de bilans bons ou très bons ». « C’est simple, depuis deux ans, nous n’avons enregistré aucune défaillance » ajoute le patron du premier réseau de France.

 

 

 

Contrats et référencements

 

Les contrats courent jusque fin 2021. « Cela se passe bien » indique le président de Marietton qui explique que les fournisseurs Gold ont « largement dépassé leurs objectifs ».

Avec la défaillance de Jet tours, les référencés Gold ne sont plus que 9. « Je veux aussi que les Silver aillent bien donc Jet tours ne sera pas remplacé » affirme Laurent Abitbol qui précise par ailleurs qu’avec la disparition du TO, « ce sont près de 300 000 sièges qui ne seront pas pourvus ». Conjugué à la baisse des engagements de TUI France, « cela devrait faire du bien à tout le monde » ajoute le président du Directoire.

Les tour-opérateurs chez Selectour représentent cette année un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros contre un peu plus de 300 millions d’euros pour Havas Voyages.

 

 

Le congrès

 

Il se déroule à Jérusalem du 4 au 8 décembre sur le thème « Engagement et investissement ». Il réunira 548 participants, « c’est archi complet ». « Nicolas Sarkozy sera là, en grande forme » jubile Laurent Abitbol qui envisage aussi la présence de François Hollande sur l’édition 2020.

 

 

 

Les outils technologiques

 

Avec de nombreuses démonstrations à l’appui, ce congrès sera l’occasion de présenter aux agences les dernières innovations technologiques. A commencer par le nouvel outil NDC qui sera déployé dans les points de ventes en septembre 2020. « C’est un outil exclusif acheté par le GIE (Havas et Selectour) et qui va vraiment faciliter le travail des agents de voyages » garantit Laurent Abitbol.

 

Autre outil qui sera présenté durant le congrès, Travel Maker qui permet de faire du sur-mesure et du à la carte. Bien adopté par les équipes d’Havas Voyages, celui-ci sera déployé dans les agences Selectour l’an prochain.

 

« Nous préparons le futur de Selectour. En étant maitre de notre technologie, nous voulons donner 10 ns de vie et de prospérité à nos agences » résume Laurent Abitbol.

 

 

 

Booster les ventes de vols secs

 

Si Laurent Abitbol veut « simplifier le travail des agences sur le volet aérien », il entend aussi reprendre des parts de marché sur la vente de vols secs. « Depuis 10 ans, nous avons beaucoup perdu à tel point que la part sur le segment loisirs est quasi inexistante. Nous allons donc former les vendeurs sur une quinzaine de compagnies ». Ceux-ci délivreront du conseil qu’ils factureront au client, avec l’objectif « d’un gain de 7% sur le prix de vente du billet ». « Je veux que dans le GIE on fasse 1 milliard sur les ventes de vols secs sur le loisir » déclare Laurent Abitbol. Fin 2020, de grosses campagnes télé sont prévues pour mettre en avant la vente de vol sec dans les agences physiques.

A noter que le vol sec sera proposé sur le nouveau site Internet du réseau qui sort dans un mois. De 500 000 visites par mois, l’objectif est de passer à 720 000.

 

 

Agrandissement et maillage du réseau

 

« Depuis un an, nous avons gagné 13 points de ventes supplémentaires » affirme Laurent Abitbol qui précise que « le maillage est complet ». « Les sollicitations sont nombreuses mais je ne peux y répondre favorablement. J’ai donc demandé à ce que le GIE achète Jet tours afin d’avoir une deuxième marque de distribution qui donnerait la possibilité à des agences d’être autres que Selectour ». Le dirigeant estime cependant que face à l’équipe managériale ses chances sont faibles d’acquérir Jet tours pour en faire une marque de distributeur.

 

La croissance de Selectour ne pourra se faire que s’il existe une deuxième marque en distribution. Pour Laurent Abitbol, « c’est une évidence » car « nous sommes bloqués par notre maillage ». « Il y a seulement la possibilité de 20 ou 30 agences Selectour supplémentaires. Il faut donc une deuxième marque pour augmenter notre CRF ».

 

Sachant « qu’une agence Selectour doit avoir une exclusivité sur son territoire », seulement « une douzaine de points de ventes franchisés Thomas Cook pourraient être repris par le réseau alors que nous avons reçu une quarantaine de demandes » poursuit Laurent Abitbol.

 

Concernant les agences intégrées, la décision sera rendue le 19 novembre mais le président de Marietton estime « qu’une vingtaine d’agences intégrées deviendraient Selectour et 19 basculeraient chez Havas ». Selon Laurent Abitbol, il faut compter « environ 2,5 millions d’euros pour remettre ces agences en service ».

 

 

 

Reprise de TUI France

Alors que le quotidien Les Echos évoquait la semaine dernière une reprise de TUI France par le groupe Marietton, Laurent Abitbol a fait savoir qu’il ne donnait pas suite à « ces bruits ». « Est-ce que j’en ai envie, je ne sais pas, mais je n’ai pas à parler de ça » affirme-t-il.

 

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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