Emploi dans le tourisme : la galère d’une quinqua au chômage !

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Suite à notre article « Pourboires obligatoires en France : la mise au point des hôteliers », Sabine Radtke, une de nos lectrices qui peine à trouver un emploi, a souhaité réagir. Dans l’article (lire), l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) rappelle que « la difficulté à recruter du personnel est inacceptable au regard de la situation de l’emploi en France » et considère que « des centaines de milliers d’emplois (restent) non pourvus particulièrement dans notre secteur d’activité ».

« Je me permets de vous écrire suite à l’article cité en référence, car je souhaite relever un point dans cet article.

Je n’en peux plus des lamentations de l’Umih quant aux difficultés de recruter dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme, alors qu’il y a des demandeurs d’emploi très compétents et motivés en France.

 

Et si c’était un problème de « mentalité française » ? Dans les pays anglo-saxons on est jugé selon son expérience et ses compétences, alors qu’en France, on essaie par tous les moyens de démontrer ce qui ne va pas dans votre CV.

On est soit trop jeune et donc pas assez expérimenté, soit bien trop vieux et donc bien trop cher.

 

Un groupe hôtelier français a ainsi récemment licencié toute son équipe commerciale et marketing sans aucune raison particulière… ah si, ils avaient tous au-dessus de 45 ans !

« Je suis disposée à faire des concessions raisonnables »

J’ai été licenciée fin 2015 (licenciement économique),  j’ai commencé mes recherches  début 2016. 

Les réponses à mes candidatures sont supérieures à la moyenne selon Pôle Emploi et d’autres « scientifiques du travail ». 

Quand j’obtiens un entretien, on n’y donne pas suite à cause de mon âge, de mon salaire, d’une compétence que je n’ai pas, ou encore parce que je suis sans activité depuis plusieurs mois…

 

Il m’est arrivé de franchir toutes les étapes d’un recrutement avec brio, avant que le cabinet de recrutement ne m’informe la veille de l’ultime entretien que son client l’a annulé car il préfère quelqu’un qui a eu moins de responsabilités (en clair : moins cher). 

 

Je suis tout à fait disposée à faire des concessions raisonnables à ce sujet, mais baisser de 20% mes prétentions est impossible, d’autant plus qu’il ne me reste que 10 ans à travailler et les quinquas n’ont pas les mêmes charges que quelqu’un qui vit encore chez « papa-maman ».

 

J’ai eu une confirmation d’embauche en juin, mais l’employeur a décidé de mettre un terme à la période d’essai au bout d’une semaine et demie par manque de résultats !!!!

« On recherche aujourd’hui plutôt un profil junior »

On recherche aujourd’hui plutôt un profil junior et mon CV fait peur : plus de 30 ans de carrière dans le tourisme et parfaitement trilingue !

 

La plupart des DRH et des cabinets de recrutement en France devraient revoir leur raisonnement concernant l’embauche de seniors.

 

Nos points forts : l’expérience professionnelle et une certaine « sagesse », davantage d’humanité (et de bonnes manières !) dans les relations avec les autres, une certaine stabilité (un senior ne pense pas à partir d’une entreprise après 2 ou 3 ans). Un salaire en accord avec nos expériences et nos compétences certes, mais avec aussi un retour sur investissement très rapide.

 

De plus, du côté des femmes seniors, il est plutôt  rare que nous nous mettions en congé de maternité à cet âge…

 

Pôle Emploi ne m’oriente pas vers des postes qui correspondent à mon profil ou vers des formations qui sont adaptées au marché ou qui me permettront de compléter mon profil.

 

Je me permets d’attacher mon CV : j’ai plus de 30 ans d’expérience dans différents secteurs : réceptif France, département ventes pour des groupes hôteliers (spécialisation marché groupes) et tour-opérateur.

CV SRadtke Responsable développement commercial

Merci de le transmettre à Monsieur Héguy !! »
Sabine Radtke

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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