Quand la SNCF fait du jeunisme, on se souvient qu’elle a 79 ans

Humeur

Pour lancer sa nouvelle offre d’abonnement TGV en illimité, la SNCF a organisé une conférence de presse façon Keynote d’Apple.

Ça se passait dans le 2e arrondissement à Paris et pas à Cupertino, Californie, mais bon il y avait tout ce qu’il faut: un sujet techno, des intervenants équipés de micros oreillette pour pouvoir parler en faisant des moulinets avec les bras parce que c’est plus convaincant quand on fait du storytelling (cette pratique qui consiste à mettre en scène un discours, politique ou marketing, à grands renfort de ce qu’on appelle des « éléments de langage »). Il y avait aussi des experts du sujet dont une sociologue et une youtubeuse venues nous parler du « jeune », cette tranche des fameux 16-27 ans auxquels s’adresse le produit TGV Max. Vous me direz que j’ai mauvais esprit, mais je trouve que rien ne fait plus vieux que de parler du « jeune ». D’ailleurs, c’est quand les experts en question ont commencé à empiler les poncifs sur le « jeune » -comme s’il s’agissait d’une catégorie homogène- que, je l’avoue, j’ai commencé à décrocher. Ça me faisait penser à ce grand moment de télévision entre Daniel Balavoine et François Mitterrand sur Antenne2 le 19 mars 1980. Et puis en entendant tous ces qualificatifs donnés au « jeune » connecté, épris de liberté, impatient et adepte de l’immédiateté, j’ai parfaitement reconnu… mon cher Papa. Mais c’est quand « disruption », le mot fourre-tout que les services marketing du monde entier utilisent à tort et à travers et à tour de bras pour faire jeune (alors qu’il a été inventé dans les années 90 par un publicitaire qui avait déjà des heures de vol), a été utilisé que j’ai réellement pris le large. En rêvassant aux bonnes vieilles conférences de presse bien old school  du temps jadis : de la sobriété, une table, des chaises, un carnet, un stylo, des interlocuteurs qui viennent avec des faits à exposer simplement et qui répondent aux questions qu’on leur pose. Je dois être un vieux. D’ailleurs, je vous laisse, j’ai des trucs de vieux à faire. Je vais coller une petite galette de NTM dans mon mange-disque.

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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