Ces destinations inconnues devenues terrain de jeu des influenceurs

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S’il est capable de parler d’une destination sous un angle nouveau, l’influenceur 4.0 se montre aussi parfois excellent dénicheur de bons plans et de nouvelles destinations, hors des sentiers battus. Quelles sont ces nouvelles adresses insolites mais qui inspirent de plus en plus de voyageurs ? 

 

A l’heure où des Pise, Tour Eiffel, Empire State Building envahissent Instagram sous toutes leurs formes, des destinations méconnues du grand public font leur apparition. Quitte à bientôt risquer d’être à leur tour de nouvelles Pise.

A ce titre, l’Islande qui accueillait il y a encore moins de 10 ans 500 000 touristes, a reçu pour l’année 2016 près d’1,8 millions de visiteurs. Cet engouement récent pour ce pays insulaire tient beaucoup à sa promotion sur les réseaux sociaux. Le caractère instagrammable de ses paysages attire toujours plus de photographes amateurs inspirés par leurs blogueurs préférés.

 

D’explorateur à voyageur de l’extrême

 

L’influenceur est-il cet explorateur des temps modernes ou fait-il au contraire le même voyage que son voisin ? Sous une de ses photos Instagram, présentant les vastes étendues de Géorgie, le globetrotteur Alex Vizeo affiche sa volonté de ne pas voyager comme tout le monde : “Sors des sentiers battus à chaque fois que tu le peux ! Ça paie toujours, que ce soit dans les voyages ou dans la vie. Les grandes destinations et les lieux touristiques s’ils sont connus c’est pour une bonne raison. Mais à chaque fois que tu sortiras de ta zone de confort et que tu exploreras des lieux encore très authentiques, cela te procurera des sensations que seul le voyage peut t’offrir.” Au-delà du dépaysement, les influenceurs sont en quête de nouvelles sensations et d’authenticité. Certains s’en sont même fait une spécialité, comme cette blogueuse polonaise, Eva zu Beck, qui a sillonné des pays peu courus ou encore marqués par des conflits (Irak, Iran, Pakistan…). Elle revendique dans sa biographie son statut de “Travel vlogger dans les endroits les moins visités au monde”.

 

 

En parcourant Instagram, il est aisé de trouver des profils similaires à celui d’Eva zu Beck. Sara Caufield, instagrameuse italienne aux 11 000 abonnés, se dit “Hardcore traveller” (voyageur de l’extrême). Les dernières photographies de son fil d’actualité la situent en Corée du Nord et de préciser sur l’une d’entre elles : “Merci la Corée du Nord, ce fut une explosion d’émotions”.

 

 

Développer le tourisme dans ces pays

 

Des pays jusqu’alors absents des catalogues de tours opérateurs voient dans le marketing d’influence une chance de s’ouvrir au tourisme. “L’intérêt pour ce type de collaboration est double : pour la destination se faire connaitre sous un œil nouveau (ou non) et pour l’influenceur d’apporter un contenu inspirant qui donne envie de partir à son exploration”, souligne Stanislas Lucien, directeur associé de Travel Insight. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Pakistan, qui reste une destination déconseillée par les autorités, s’est trouvée les faveurs de plusieurs blogueurs occidentaux. Mark Wiens, un influenceur aux quatre millions d’abonnés Youtube, y a passé deux semaines, nous rapporte l’AFP et a vanté le “voyage de sa vie” sur les réseaux. Lui et un autre influenceur, Trevor James, ont été invités par Ali Hamdani, le patron d’une agence de promotion touristique. Ce dernier affirme que “les réseaux sociaux sont la meilleure manière de pousser un contre-narratif” sur le Pakistan. Après les attentats qui ont sévi dans le pays entre 2011 et 2015, la perception du pays par les étrangers s’est dégradée, impliquant une diminution du flot de touristes. L’arrivée de ces voyageurs baroudeurs marque une bouffée d’air frais pour ces pays en quête de touristes. D’autant que leur promotion sur les blogs et réseaux n’en est que positive, à contre courant de l’imaginaire collectif.

 

Retour à la réalité

 

D’autres au contraire tentent de tempérer ces discours et n’hésitent pas à rappeler les réalités sombres de ces pays instables, quitte à risquer d’enfreindre leur “business”. Dans une vidéo postée sur Youtube, la blogueuse voyage Alexandra Reynolds, raconte son expérience du Pakistan, après cinq voyages effectués dans le pays. “Nous devons être plus critiques sur les problèmes actuels pour aider les futurs voyageurs”, explique-t-elle face caméra. Elle admet que le pays est plus sûre que ce les différents gouvernements ont tendance à souligner. Elle admet seulement trois problématiques majeures : le Pakistan n’est pas un pays facile d’accès pour les voyageurs car les routes sont chaotiques, les autorisations restent difficiles à obtenir et les escortes armées sont encore nécessaires pour encadrer les ressortissants étrangers. Soit autant d’obstacles difficiles à surmonter lorsque l’on n’est pas préparé.

Finalement, ces influenceurs défricheurs comme Alexandra Reynolds, « existent encore peu aujourd’hui”, résume Stanislas Lucien. “Car quoi qu’il en soit, travailler ou collaborer avec un influenceur nécessite de passer par une case financière : qu’elle soit d’honoraires et / ou de remboursement du voyage en lui même. Les seules destinations qui peuvent s’offrir leurs services sont celles dotées d’un fort budget pour ce levier (comme la communication sociale, les relations presses, les opérations de trade marketing …).” 

 

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