Et si voyager durable était possible ?

i-tourisme

Annoncé fin décembre, le partenariat entre Amadeus Next et la start-up suisse Climeworks doit accélérer le développement de la première technologie commerciale d’élimination du dioxyde de carbone du monde. 

 

Un aller-retour Paris-New York émet plus de deux tonnes de CO2. Le secteur de l’aviation représente aujourd’hui à lui seul 3% des émissions mondiales de dioxyde de carbone. La faute aux importantes quantités de kérosène consommées lors d’un trajet aérien, environ 500 litres pour l’aller-retour Paris-New-York. La contribution de l’aviation au réchauffement climatique ne fait plus de doute. À ce rythme, comment ne pas faire mentir la promesse de la COP21 en 2015 où les États se sont engagés à limiter le réchauffement climatique global bien en dessous de 2 °C  ?

Et en même temps, que dire aux 4 milliards de passagers aériens dans le monde, sachant que leur nombre risque très fortement de doubler d’ici à 20 ans (d’après l’association internationale du transport aérien, IATA) ? Faire une croix sur ce moyen de transport devenu symbole de modernité technologique absolu et de dépassement des frontières apparaît plus que difficile. Une start-up suisse semble pourtant avoir trouvé un début de solution, en s’associant avec Amadeus Next, le programme d’accélération d’entreprises de technologie de voyages. L’idée de Climeworks est simple mais brillante. Pourquoi ne pas imputer le principe du recyclage au monde de l’aérien ? Pourquoi ne pas tout simplement récupérer les émissions de gaz dans l’air pour les réutiliser sur terre ? Son objectif, qui n’en est pas moins ambitieux, est de capturer 1% des émissions mondiales d’ici à 2025 (environ 300 millions de tonnes).

 

Récupérer le gaz pour le réinjecter dans d’autres secteurs économiques

 

Fondée en 2009, Climeworks a inauguré en 2018 sa troisième usine en Italie et espère faire émerger pas moins de 250 000 usines jumelles dans le monde pour atteindre son objectif. Ce sont ces usines qui absorbent et retraitent le gaz à la manière d’un cycle de l’eau, adapté au CO2.  Les particules de CO2 sont ainsi bloquées par un filtre formé par une toile de nanofibres de cellulose qui relâche ensuite le gaz dépourvu de CO2 dans l’air.

Ces rejets « propres » sont ensuite réinjectés dans différents secteurs de l’économie, par exemple l’agriculture pour la croissance de tomates, la production de carburants et de matériaux renouvelables. Plus surprenant encore, Climeworks compte aussi parmi ses clients des fabricants de boissons gazéifiées. La filiale suisse de Coca-Cola s’est tout récemment associée à Climeworks pour introduire la capture d’air directe  dans ses boissons.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *