Les grandes villes mettent en danger leurs cyclistes

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Une étude menée dans 90 villes du monde entier met l’accent sur les conditions de circulation des cyclistes, extrêmement difficiles dans les plus grandes agglomérations.

 

Si l’usage du vélo est bénéfique pour l’environnement, il est des environnements qui le rendent impossible. Les grandes agglomérations sont de ceux-là, comme le révèle la récente étude de l’assureur Coya. La start-up allemande a en effet publié son « Global bicycle cities index 2019« , compilant 90 villes du monde entier et les triant selon plusieurs facteurs importants pour les cyclistes. Parmi eux, le taux d’accidents ayant impliqué des vélos, le taux de vol de ces derniers, le pourcentage d’usagers dans la ville, ou encore les investissements réalisés par la commune pour les infrastructures telles que des pistes cyclables ou des stations de vélos partagés.

 

Les villes européennes en avance

 

Comme pour tout autre secteur, il est évident que les pays en voie de développement ne soient pas à un niveau optimal sur le confort des cyclistes. Ce manque d’investissement se ressent dans le classement : les cinq premières villes sont Utrecht (Pays-Bas) avec un score de 77,84 sur 100, Munster (Allemagne, 66), Antwerp (Belgique, 66), Copenhague (Danemark, 66) et Amsterdam (Pays-Bas, 66). Le Benelux, la Scandinavie et l’Allemagne font partie des pays les plus représentés dans le haut de ce classement. Utrecht serait donc la meilleure ville pour un cycliste. La ville néerlandaise est d’ailleurs la seule à posséder un taux de cyclistes supérieur à 50% de sa population ! Les premières grandes villes de ce classement ne sont cependant pas européennes : il s’agit d’Auckland (Nouvelle-Zélande), 7ème avec 55 points, et de Hangzhou (Chine), 8ème avec 52 points.

 

Si l’on se penche sur l’Hexagone, le constat est assez satisfaisant. Les premières villes françaises sont Strasbourg et Bordeaux, respectivement 12ème et 13ème avec 45 points chacune. Viennent ensuite Nice (28ème, score de 38), Nantes (29ème, 38) et la capitale parisienne, 32ème avec 37 points. Cela vient couronner des années d’initiatives municipales en faveur des modes de transport partagés. Les Strasbourgeois sont 16% à utiliser régulièrement le vélo, contre 3% des Parisiens, cependant efficacement desservis par les transports en commun. Les agglomérations font cependant partie des meilleures villes du monde en termes de routes adaptées et de pistes cyclables : Nantes est première, Paris quatrième et Bordeaux sixième.

 

Grandes villes et pays dangereux

 

Une tendance se dégage de cette étude : la majorité des grandes villes mondiales se trouvent en bas du classement. Leur manque d’aménagement pour les cyclistes empêchent ces derniers d’utiliser leur vélo. Il est même dangereux d’utiliser son deux-roues dans certaines villes. C’est le cas dans les plus grandes agglomérations états-uniennes : Boston compte ainsi le plus de cyclistes blessés après un accident, avec un incroyable taux de 3,4% ! San Francisco, Chicago, New York et Los Angeles sont les seules autres villes à enregistrer un taux supérieur à 2%, en compagnie de Tbilissi, la capitale géorgienne. Toutes ces villes n’ont naturellement que très peu de cyclistes.

 

La situation est encore plus problématique dans d’autres agglomérations : à Johannesburg, un cycliste a 0,007% de chances de mourir, ce qui fait de la ville sud-africaine la ville la moins sûre au monde. Casablanca (Maroc), Cali et Medellín (Colombie) sont les suivantes, avec un taux d’environ 0,004%. La ville réputée pour son trafic de cocaïne est d’ailleurs avant-dernière au classement général, avec un score de seulement 18,85 sur 100. Moscou (86ème, 21), Tbilissi (87ème, 20) et Bangkok (88ème, 18,90) font partie des bons derniers. La palme de la pire ville pour les cyclistes revient à Lagos, avec un indice de 11,81. Si la capitale nigériane observe un taux de croissance exceptionnel, elle ne dispose d’aucune piste cyclable ni de stations de vélos partagée. Les vols y sont très fréquents et le risque d’accidents y est élevé.

 

Malgré ces extrémités, il apparaît que les « journées sans voiture », contestées par les automobilistes, se démocratisent de plus en plus à l’échelle mondiale. Sur les 90 villes recensées, 51 proposent ce type d’initiative au moins une fois par an. Là est le biais de l’étude : aucun indicateur ne propose de rendre compte de la pollution des villes. C’est pourtant un facteur clé des utilisateurs de vélo. Dans certaines villes (Mexico, Shanghai ou Pékin pour ne citer qu’elles), il est plus sûr d’avoir recours aux transports en commun qu’à un deux-roues. Même les services de VTC, en plein essor, ne sont pas des solutions viables à ce problème…

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