Uber, Lyft, quel rôle jouent-ils dans la pollution des villes ?

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Une étude américaine vient de révéler l’implication des services de VTC dans l’augmentation des embouteillages de certaines grandes villes, comme San Francisco. 

 

L’entrée en bourse d’Uber aurait pu s’effectuer sous de meilleurs auspices. L’application de transports qui espère être évaluée entre 80 et 90 milliards de dollars à partir de vendredi, jour de sa première cotation à Wall Street, devrait réaliser la plus grosse introduction en bourse de l’histoire. Cette nouvelle pourrait bien être entachée par les grèves de chauffeurs qui réclament, au regard de ces chiffres astronomiques, une rémunération plus juste. Ils ne sont pas les seuls à manifester leur mécontentement. Des associations écologistes, comme le Sierra Club, comptent sur cette introduction en bourse pour réclamer au géant une meilleure implication dans la lutte contre le réchauffement climatique. “Nous avons besoin de voir des projets audacieux de la part de ces entreprises d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars”, a déclaré Andrew Linhardt, directeur adjoint de la défense des droits au Sierra Club. Jusqu’à maintenant, Uber avait résisté à ses détracteurs arguant que ses efforts en matière d’environnement sont déjà effectifs avec la mise en place de services de partage de vélos et de scooters ainsi que son programme d’incitation pour que les chauffeurs adoptent des véhicules électriques.

 

« Les villes ont été aveuglées par la croissance spectaculaire des entreprises de covoiturage », Regina Clewlow

 

Or pour l’instant, les études vont à l’encontre des promesses d’Uber et de son concurrent Lyft. Si à la base ces services de mobilité partagée prétendaient réduire le trafic en incitant au covoiturage, c’est en fait tout l’inverse qui se passe aujourd’hui. Selon plusieurs enquêtes scientifiques américaines, ces sociétés seraient en fait à l’origine de nouveaux embouteillages. En effet, la popularité de ces services de transport a fait croître le nombre de VTC sur les routes comme le confirme l’étude UC Davis. Elle démontre que leur fréquentation était en hausse de 37% en 2017 pour atteindre 2,6 milliards de passagers par rapport à 2016 aux Etats-Unis. Chicago, Boston, Los Angeles, Miami, New York, Philadelphie, San Francisco, Seattle, Washington étant les villes les plus touchées, n’ont pourtant pu anticiper une telle demande de la part des consommateurs, comme l’affirme Regina Clewlow, chercheur dans le domaine des transports et auteur de l’étude UC Davis “les villes ont été aveuglées par la croissance spectaculaire des entreprises de covoiturage”. Parallèlement, certaines de ces métropoles ont aussi accueilli des touristes toujours plus nombreux, ce qui n’a fait qu’engendrer une congestion supplémentaire sur les grands axes. L’impact environnemental, lui, n’est plus à prouver. En effet, selon l’Ademe, une voiture consomme en moyenne deux fois plus de carburant dans les bouchons qu’en roulant à pleine vitesse, soit 16 litres tous les 100 kilomètres (16 litres/100 km).

 

Limiter les services de covoiturage

 

Une autre étude publiée dans la revue Science Advances, s’est concentrée sur la ville de San Francisco qui fait face depuis plusieurs années à une hausse des embouteillages. Celle-ci serait due à une augmentation du trafic des VTC qui remplacent de plus en plus des déplacements “propres”, à pied ou à vélo ou qui n’auraient pas été effectuées du tout. Les résultats de cette étude montrent également que le temps de trajet sur les routes ayant le plus de trafic VTC se détériorent davantage que sur les routes ayant le moins d’activités de VTC. En effet, il semblerait que les véhicules en question s’arrêtent au bord du trottoir pour embarquer ou débarquer des passagers, ce qui perturbe fortement la circulation, notamment sur les grandes artères. Ainsi, les vitesses moyennes auraient diminué de 13% contre 4% sans VTC. Les chercheurs ont d’ailleurs analysé qu’en six ans, les retards dus aux embouteillages ont augmenté de 62%, notamment aux heures de pointe.

Pour ces villes engorgées, difficile de trouver une solution qui puisse satisfaire chaque partie. Certaines ont donc décidé de légiférer comme à New York ou San Francisco pour limiter les services de covoiturage ou imposer des taxes d’entrée dans les centres villes.

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