Tout savoir et tout comprendre sur NDC

Transition numérique
new distribution capabiliity

Le NDC 2018 ne ressemble en aucune façon à celui de 2012. Bien sûr, il est dans l’ordre des choses que les technologies évoluent, mais le principal changement réside surtout par l’engagement de l’ensemble des acteurs. Cette situation est nouvelle.

 

New Distribution Capability, ou plus communément appelée NDC, a été lancé par IATA il y a 6 ans avec comme objectif, avoué des compagnies aériennes :

  • d’une part, de reprendre le contrôle de leur distribution
  • et d’autre part, de pouvoir valoriser la richesse de leur catalogue.

Voilà pour la façade. Derrière cette ambition se cachait une autre attente, plus forte encore : celle de pouvoir restaurer leurs marges bénéficiaires.

La problématique des compagnies aériennes

C’est paradoxal : le nombre de passagers ne cesse d’augmenter et pourtant les compagnies aériennes ne se portent pas si bien. L’explication repose en partie sur la compétition très agressive que se livrent les transporteurs entre eux. Les politiques commerciales agrémentées de promotions multiples pèsent sur les marges. Pourtant ce n’est pas la principale raison. Cette situation tient à l’entrée de notre industrie dans le « Nouveau Monde ».

Le Nouveau Monde du numérique

Olivier Nguyen, vice-président marketing France de Salesforce, affirme : « Avec le numérique, nous sommes entrés dans la quatrième révolution industrielle ». Non seulement le secteur du tourisme n’y échappe pas, mais il en est le précurseur et le principal acteur. L’e-tourisme pèse, selon la Fevad, plus de 18 milliards d’euros et occupe près de 50% de l’e-commerce. Ce leadership n’est pas prêt de s’inverser puisque le deuxième secteur n’affiche ‘’qu’un petit 7 milliards’’, soit 3 fois moins. Les conséquences se font sentir partout de la même façon : les consommateurs surfent sur le net à la recherche du prix le plus intéressant, à commencer par les billets d’avion.

La 4ème révolution industrielle

C’est l’effet Amazon : on navigue, on cherche, on s’informe et en finalité on compare… Résultat : le prix, avant le service, devient l’élément déclencheur d’achat. ‘’Le Nouveau Monde’’ se présente d’abord comme un laminoir qui écrête toutes les aspérités. Un article plus cher que celui de son concurrent sort mécaniquement du marché. Pour rester dans la course, les compagnies aériennes doivent démontrer leur compétitivité en affichant des prix toujours attractifs. Par voie de conséquence, comme dans la grande distribution, un billet sec sert de prix d’appel et ne rapporte pratiquement plus de bénéfice comme le confirme François Bacchetta, directeur général d’Easy jet France : « Nous ne gagnons pas plus d’un euro sur la vente d’un billet. » le chiffre d’affaires obtenu par ces ventes « ne sert désormais qu’à financer les frais de fonctionnement des compagnies » comme l’explique Patrick Ramonjavelo, Global Segment Marketing Specialist Retail chez Amadeus (voir interview). Les marges s’obtiennent désormais grâce aux services additionnels et c’est là qu’NDC entre en scène.

NDC ou les ventes additionnelles

Pour échapper au ’’laminoir du Nouveau Monde’’, NDC vise à permettre aux compagnies aériennes de faire valoir la richesse de leur offre en s’appuyant sur un standard plus ouvert : celui du XML. Ce langage permet de pousser des contenus plus originaux et plus variés. L’objectif est de sortir du cercle baissier de la comparaison basique des valeurs faciales et de mettre en avant le service. Si la marge obtenue par la vente d’un vol sec ne dépasse pas un euro, un siège à valeur ajoutée vendu 15 euros rapporte bien plus en marge que le billet lui-même. Tout l’intérêt de NDC se résume dans cette équation : sortir de la comparaison ‘’assassine’’ en s’appuyant sur un langage plus ouvert, apte à démontrer les avantages concurrentiels intrinsèques à la compagnie et mieux contrôler la distribution comme de mieux fidéliser la clientèle. Seulement voilà et pour faire simple : La comparaison c’est le GDS, le service et les ventes additionnelles c’est NDC. Deux langages et deux mondes antinomiques.

XML contre ATPCO/ OAG

Est-ce à dire que les GDS ne maîtrisent pas le langage XML ? C’est ce que tente de nous faire croire certain communicant de IATA comme lors de la convention de l’EDV sur ce sujet à Lille. C’est pourtant inexact comme il est également faux de dire que XML est un langage récent. Il a déjà 15 ans ! Ce qui est vrai c’est qu’il est ‘’plus récent’’ que la norme ATPCO/ OAG sur laquelle repose la technologie utilisée par les GDS pour la réservation des vols. Mais le dilemme n’est pas celui-là.

  • Bien sûr que les GDS maîtrisent le langage XML, justement pour rendre accessible les ancillary services ou permettre la distribution des low cost.
  • Bien sûr que la promesse d’NDC est de pouvoir pousser bien mieux du « rich content » que ne peut le faire le langage ATPCO/

Mais quid de la capacité de répondre en un millième de seconde à des interrogations complexes reposant sur des algorithmes sophistiqués sélectionnant des combinaisons tarifaires parmi des centaines de millions de tarifs ?

Sur ce point, seuls les GDS peuvent le faire. Ni NDC ni les compagnies aériennes, même les plus grosses, ne peuvent prétendre y parvenir. Alors ?

Les intérêts restent divergents :

  • Les compagnies aériennes cherchent à se singulariser, pour échapper au laminoir du « Nouveau Monde », en valorisant leur catalogue et en évitant surtout la comparaison.
  • La distribution, pour des questions de productivité et de gestion comptable, souhaite continuer de travailler sur un moteur de réservation centralisateur afin justement de bénéficier d’un outil de comparaison, d’industrialisation des flux comptables et du traitement des modifications du PNR.
  • Les GDS veulent capitaliser sur leurs investissements et pouvoir continuer de proposer une technologie garantissant l’efficacité pour les agences (flux unifié, integration mid & back office, comparabilité, capacités de services) et permettant de nouvelles possibilités de création de valeur.

Pourtant un consensus semble vouloir rassembler les acteurs :

  • La distribution espère pouvoir monétiser des ancillary services à l’aide de processus plus fluides.
  • IATA, devant la réaction unanime des agences de voyages, vent debout contre le NDC et la menace de disparition du moteur de réservation à entrée unique qui pèse sur la pérennité de leur profession, s’est montré plus à l’écoute de son écosystème.
  • Les GDS, constatant la convergence des acteurs du tourisme en faveur du NDC, ont considéré avoir suffisamment de preuves de l’engagement du secteur dans son ensemble pour accepter d’investir à nouveau dans cette nouvelle norme.

La cohabitation

2018 restera comme l’année du basculement :

Un consensus se met en place pour se diriger tout droit vers une sorte de cohabitation. Les GDS manifestent franchement leur volonté de vouloir relever le défi. « Nous lançons NDC-X, un programme dédié pour piloter l’industrialisation de NDC et assurer son succès pour tous les acteurs » annonce Georges Rudas, PDG d’Amadeus France. Témoin les accréditations niveau 3 accordées par IATA. L’objectif sera de faire cohabiter NDC et la technologie existante de manière à rendre accessible la richesse de l’offre des compagnies aériennes à la distribution tout en garantissant la continuité d’un moteur unique de réservation.  Pour être nouveau, c’est nouveau !

 

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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