Une nouvelle dynamique pour XFT

i-tourisme

XFT, l’association Exchange For Travel fête ses 20 ans. Son bilan reste flatteur. 

 

Les acteurs du tourisme, s’appuyant sur un langage commun, ont réussi à mieux se comprendre, se parler et s’organiser pour faciliter les flux concernant les ventes en ligne. Mais les besoins changent de paradigme et il devient vital de faire évoluer XFT au-delà de son cadre strictement technologique. Aujourd’hui, de par son rôle d’intermédiaire, l’association se trouve bien placée pour recueillir et analyser les demandes issues de ses membres. Cette position l’autorise à piloter des ateliers et fédérer des actions communes. Le bénéfice s’impose de lui-même : si cinquante TO s’associent pour mettre en place une solution, les coûts sont divisés par autant…

 

Rappelons que dans les années 2000, les flux XML ne s’imposaient pas toujours comme le langage de référence pour les échanges d’information. Pourtant, la nécessité de distribuer les catalogues de produits et d’effectuer des réservations en temps réel devenait grandissante. Un défi pour les tour-opérateurs qui devaient faire face aux puissantes agences en ligne, les fameuses OTAs. XFT a été créé à partir de ce besoin afin conserver une distribution indirecte performante. L’effet d’aubaine offrant la faculté de pouvoir standardiser des fichiers contenant les prix disponibles des forfaits explique le succès actuel : 65% des productions TO aujourd’hui utilisent le langage XFT pour leurs échanges numériques.

 

Une nouvelle dynamique pour l’association

 

Le langage XML est une norme quasi ‘’universelle’’. Il est utilisé aujourd’hui par de nombreux acteurs informatiques du tourisme ce qui est le cas pour les normes d’échange XFT. Rappelons au passage que la technologie NDC repose sur ce langage. Mais les défis technologiques sont permanents. Après le départ, ô combien regretté de Patrick Bleu, l’actuel bureau de l’association impulse une nouvelle dynamique et ajoute une fonction opérationnelle à son rôle fonctionnel.

Les besoins des utilisateurs ne peuvent pas se restreindre uniquement à un aspect technologique. « Il s’agit de prendre également en compte les besoins commerciaux, marketing et financiers. C’est le moment de capitaliser sur cette richesse relationnelle historique d’XFT et de s’appuyer sur les compétences de chacun des membres » explique Jean-François Griffoul des Voyages E. Leclerc qui vient de reprendre la présidence de l’association. Le nouveau bureau affiche clairement l’ambition de vouloir relier les besoins métiers aux fonctionnalités techniques avec l’aide des acteurs du secteur, au-delà même du cercle de l’association. Les bonnes volontés ne sont pas de trop devant l’ampleur des défis. Notons déjà l’aide de Claire Goascoz d’Amadeus, qui cumule le poste de trésorière et de secrétaire générale de l’association.

 

La transversalité : nouveau défi pour XFT

 

Tout devient de plus en plus interdépendant, spécialement dans le secteur du tourisme. Jean-François Griffoul poursuit : « Nous l’avons oublié, mais avant, tout se faisait à la main, avec du personnel employé uniquement pour entrer les informations dans chaque système. Puis nous nous sommes dirigés en 2005/2006 vers une saisie décentralisée avec une demi-douzaine de Tours Opérateurs. Cette initiative s’est traduite par une accélération des ventes de produits touristiques sur les différents canaux, tant B2C que B2B. » Mais si aujourd’hui les TO maîtrisent la norme XFT et se la sont appropriée, il reste de nouveaux sujets à investiguer comme la multiplication des packages dynamique, le RGPD ou encore la nouvelle directive des voyages à forfait. Aujourd’hui, la transversalité s’impose comme le mode opératoire dans le domaine des technologies et l’association doit continuer d’œuvrer afin d’en faciliter l’accès auprès des plateformes. Le nouveau président d’XFT vient de programmer plusieurs chantiers à opérer avant la fin de l’année.

Même si la profession vient de prendre conscience de l’impact du règlement, même si les acteurs œuvrent dans la mise en place des sécurités et processus attendus, il reste encore des failles à traiter. Par exemple, il s’agit d’apporter des solutions et des process capables de faciliter le business des acteurs. Jean François Griffoul insiste sur l’attente des utilisateurs : « ils doivent chaque fois se connecter sur des systèmes différents. Des solutions de simplification d’accès multiples sont possibles tout en maintenant un niveau élevé de sécurité d’accès ». Dans cette optique, la volonté des fournisseurs IT de l’association d’apporter leur contribution à ce chantier se présente comme particulièrement encourageante. Amadeus, Speed Média et Orchestra lancent une réflexion commune pour doter le secteur de solutions standardisées intégrées dans les systèmes à l’image d’un Google Connect ou d’un Facebook Connect. Un premier groupe de travail se réunira en août.

Avant même le lancement de la directive en juillet 2018, les conditions de réservation et d’annulation se présentaient déjà comme le cheval de bataille d’XFT. Mais, la production des Tours Opérateurs ne cesse de devenir de plus en plus complexe. La vente de packages avec vols en dynamique entraîne de nouvelles contraintes. Par voie de conséquence les traitements s’affichent avec davantage d’hétérogénéité ce qui rend difficile leur lisibilité. XFT se fixe comme objectif de traiter cette nouvelle réglementation et d’anticiper sur les évolutions informatiques qu’elle va entraîner.

 

La dématérialisation des carnets de voyage

 

Les besoins évoluent et la nécessaire prise en compte des aspirations individuelles des consommateurs pose problème. Ce ne sont plus des millions de combinaisons que les plateformes doivent absorber, mais des milliards…La surchauffe guette et la bande passante atteint des zones proches de la saturation. Que XFT lance un atelier pour tenter d’apporter de la cohérence dans le but de comparer les offres dans un cadre mieux maîtrisé va dans le bon sens.

 

S’il reste utile de procurer, dans certaines conditions, des documents papier, la digitalisation avance à grands pas. Les Tours Opérateurs ont certes dématérialisé leurs documents de voyages, mais ils encombrent aujourd’hui les boites emails des agences de voyages. La transmission par flux et la capacité d’apporter une (semi)automatisation de traitement deviennent cruciales. Il apparaît parfaitement logique qu’XFT programme un atelier sur le sujet. La profession attend des avancées concrètes et rapides.

 

XFT pour demain

 

 

Cette nouvelle dynamique se veut pragmatique et centrée sur les besoins de tous. La démarche se présente comme le reflet d’une volonté commune pour faire face aux nouvelles exigences des consommateurs. Jean-François Griffoul ne s’en cache pas au contraire : «je ne pouvais pas me résoudre à voir disparaître XFT. L’association a déjà largement œuvré pour doper les ventes de produits touristiques. Et même si aujourd’hui les acteurs du tourisme maîtrisent les échanges informatiques, de nouveaux sujets apparaissent. Son rôle ne pouvait pas s’arrêter en chemin. La preuve, la programmation des nombreux ateliers, à la demande des adhérents, témoignent de l’utilité de l’association pour répondre aux différentes problématiques du secteur. »

La démarche de Jean-François Griffoul, avec l’aide de Claire Goascoz, a quelque chose de réjouissant. Donner bénévolement de son temps avec l’ambition d’améliorer le sort de toute une profession mérite d’être soutenu. XFT devient une collective qui devrait attirer tous les TO et les distributeurs pour parvenir à améliorer les performances de la distribution directe et indirecte. Les défis de l’IA et du prédictif qui l’accompagne sont devant nous. Les bonnes volontés ne seront pas de trop pour les relever.

 

Photo : Jean-François Griffoul

Publié par Rémi Bain-Thouverez
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