8,5 millions de Français ont utilisé Airbnb cet été, 150 000 euros d’impôt payés par la plateforme en 2018

Institutions

Selon les informations de Challenges, Airbnb paiera encore moins d’impôts que l’année dernière avec un montant inférieur à 150 000 euros alors que Le Parisien nous apprend que 8,5 millions de Français ont utilisé la plateforme cet été. Mairies et parlementaires, réunis mercredi 4 septembre par les syndicats hôteliers AhTop et GNI travaillent à ce que les  plateformes agissent  avec plus de transparence.

Les syndicats hôteliers AhTop et GNI organisaient mercredi 4 septembre une conférence sur la régulation de l’activité des plateformes de location/immatriculation des meublés de tourisme. Des députés de la majorité (Sylvain Maillard et Mickaël Nogal) et le maire de Colmar, Gilbert Meyer sont intervenus.

Il ressort des débats que personne n’est contre Airbnb, « une évolution sociétale ». Mais, selon les acteurs, hôteliers et parlementaires En Marche, il faut trouver des solutions juridiques pour lutter contre des investisseurs qui achètent des immeubles pour faire le « même métier qu’un hôtelier ».

Député de Paris LREM, Sylvain Maillard, estime que « la prochaine campagne municipale sera centrée autour de Airbnb » dans la mesure où « on se peut plus se loger dans la capitale » – plus de 10 000 euros en moyenne le mètre carré – et de graves conséquences. « Paris est une ville qui ne va pas bien » avec « 83 classes fermées et 10 000 habitants perdus tous les ans ». Pour le député, « l’équilibre n’a pas été trouvé ». Pour y arriver, il estime qu’il faut veiller à ce que ces rentrées d’argent soient bien fiscalisées.

Reste qu’il n’est pas facile de traquer les fraudeurs. Le député Michaël Nogal (Haute-Garonne) note que certains loueurs, pour pouvoir louer leur résidence plus de 120 jours par an, s’inscrivent sur plusieurs sites, 80 jours sur l’un, 80 jours sur l’autre.

Maire de Colmar (70 000 habitants, 3,5 millions de touristes), Gilbert Meyer s’est offert les moyens de freiner « la concurrence déloyale ». Avec l’unanimité de son conseil municipal et l’autorisation du préfet, il a mis en place une procédure d’enregistrement des meublés de tourisme (résidences secondaires) pour reprendre le contrôle du parc immobilier : « Nous avons eu 304 demandes en ligne en août, 154 dossiers ont été traités pour 122 réponses positives et 32 refus ».  Selon un guide diffusé par l’AhTop, le propriétaire du bien peut être condamné à verser une amende de 5000 euros s’il ne s’enregistre pas (loi Elan).  Ainsi, le maire de Colmar peut avoir une connaissance précise du parc d’hébergements touristiques disponibles sur son territoire et veiller à ce que les visiteurs soient logés dans de bonnes conditions ».

« Le temps judiciaire n’est pas celui du temps économique », s’est désolé Serge Cachan même s’il reconnait que les parlementaires ont fait du bon travail avec toutes les dispositions introduites par la loi Elan. « C’est un nouveau monde, Il faut des réponses rapide, l’« ubérisation », c’est le Far West, nous avons besoin d’un shérif qui tire à balles réelles ».

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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