Crise à Haïti: Coralia arrête tout, pour le moment

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Tous les départs sur le Coralia Club Royal Decameron Haiti Beach sont annulés jusqu’au 18 février. Le tour-opérateur Boomerang rapatrie les vacanciers sur place. Les ventes sur le Club Coralia Decameron étaient « très bien parties en début de saison ».

 

Le président d’Haïti, Jovenel Moise, quittera-t-il le pouvoir sous la pression de la rue ? On ne sait pas mais Boomerang fait quitter le Coralia Club à ses clients.  Lorsque la recommandation du Quai d’Orsay de « reporter tout voyage à destination d’Haïti » est tombée le 11 février, le tour-opérateur avait « une trentaine de clients sur le départ pour rejoindre le Coralia Club ».

 

Les manifestations ont commencé jeudi 7 février. Le ministère des Affaires étrangères français a publié sa « dernière minute » sur son site Conseils aux Voyageurs 4 jours plus tard. Sur place, « le réceptif a confirmé (au TO) le blocage des routes et demandé d’organiser les départs à partir du dimanche ». Aujourd’hui, les ventes sont donc stoppées sur ce club haïtien « jusqu’au 18 février ». Le Seto (association des tour-opérateurs) conseille d’annuler les excursions « jusqu’à nouvel ordre ».

 

Remboursement des vacances

« Nous avons décidé de rapatrier tous nos clients en France », déclare Philippe Sangouard, directeur général de Boomerang. Nouveaux billets d’avion sur Air France ou Air Caraibes (via Fort-de-France ou Pointe-à-Pitre), le tour-opérateur rembourse aussi le coût du séjour pour ceux qui n’ont pas pu aller jusqu’au club.

 

Sur place, le TO gère deux situations : les clients en séjour au Coralia Club Royal Decameron Beach et ceux qui ont dû s’arrêter à la sortie de l’avion dans un  hôtel à proximité de l’aéroport, soit en tout une cinquantaine de personnes.

 

« Les clients partis de France dimanche 10 n’ont pas pu se rendre au club, à cause des routes bloquées. Nous ne l’avons appris que tardivement, après le décollage de l’avion. Arrivés à Haïti, ils ont été logés à Port-au-Prince dans un hôtel  5 étoiles avec piscine. Ils ne sont pas mécontents. »

 

Des clients qui veulent rester

Dans le club Coralia, tout se passe bien précise Philippe Sangouard dont les équipes ont « appelé chaque client pour expliquer ce qu’il se passe ». « Les clients ne voulaient pas repartir en France. Il faut comprendre, ce sont des vacances (scolaires) qu’ils ont préparées, budgétisées… Les routes d’Haïti sont bloquées et pourtant, cela n’a pas d’incidence sur leur séjour. Quelques-uns voulaient rester en vacances et refusaient de partir. Nous avons dû leur dire qu’il faudrait nous signer une décharge de responsabilité pour qu’ils réalisent la situation. »

 

Sont donc partis en premier les vacanciers installés à proximité de l’aéroport haïtien, puis ceux du club amenés à l’aéroport en hélicoptère, faute de pouvoir circuler facilement sur les routes. « Tout le monde est presque rentré », estime le directeur général de Boomerang. Face à ce « cas de force majeure », des retours ont été décalés.

 

Une fermeture pour combien de temps?

Difficile de dire combien de temps ce club haïtien sera fermé. En novembre 2018, lors des précédentes émeutes réclamant la démission du président haïtien, Boomerang avait dû « fermer le club Coralia Royal Decameron Haiti pendant 1 mois ».  La saison du club à Haïti est normalement prévue jusqu’au 14 avril.  Rien ne dit qu’il y aura réouverture. Auquel cas, il faudra rapatrier aussi l’équipe Coralia, 1 chef de centre et 3 animateurs.

 

Une destination Caraïbe complémentaire

Pour Philippe Sangouard, tout ceci est « dommage ». D’autant que le club est « un bon produit qui fait partie de la chaîne Decameron, « une très bonne chaîne hôtelière en tout compris ». Ce n’est pas le seul atout du Coralia Decameron.

 

« La population d’Haïti dans le club ou en dehors est sympathique. Il y a des sites à visiter. En plus, nous faisons vivre avec un club de vacances les personnels de l’hôtel, des réceptifs et des transféristes… »

 

En termes de destinations, Boomerang avec ce Coralia Club à Haïti offrait une autre possibilité dans la zone Caraïbe. En plus de Cuba, de la République dominicaine, Haïti, dans le même esprit que Curaçao, fait découvrir une destination « inédite et attachante ».

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (4)

    1. Les beauf comme vous dites c’est nous !! Nous avons décoller le dimanche 10 et avons été rapatrier le 11 en France dans des conditions honteuses!! Pour votre connaissance personnel cherchez sur Facebook ou internet «  Les écoliers de Kay Piat » et vous verrez que nous sommmes des touristes à but humanitaire et que nous faisons ce voyages dans le but d’aider les locaux en face de notre hôtel. Je vous invite grandement à vous rendre sur la page Facebook.

  1. Pas forcément des beaufs. Pour le même prix, il y a une solution simplissime pour prendre des vacances sans se prendre la tête : un billet vers St Domingue. Là, t’es sûr de ne pas croiser un autochtone, sauf les agents de service. Maintenant, le choix vers Haïti est certainement autre. (Non, pas du tourisme sexuel. St Domingue est suréquipé, et terriblement efficace).

  2. Faisant partie de ces voyageurs, je vous informe que OUI nous sommes mécontents et n’avons pas été accueillis selon les dires de cet article.
    Et comme le précise plus haut mon fils, nous choisissons HAITI pour une aventure humaine et humanitaire.

    L’aide aux écoliers étaient notre but, nous ne sommes pas des « beaufs » mais bel et bien une équipe aux grands coeurs cher Monsieur ou Madame Club Med :).

    De plus, hyper risible, signer Club Med alors que ce club Decameron est un ancien Club Med 🙂 vous avez un sacré humour ou bien une connaissance peu développée de vos produits.

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