Fusion TUI/Transat : « pourquoi j’ai choisi le plan de départs volontaires… »

TUI Transat
Elles sont trois. Trois salariées de Transat-Look Voyages candidates au départ. Trois à avoir déposé un dossier pour la première commission de suivi du plan de départs volontaires TUI Transat.

Elles sont trois. Trois salariées de Transat candidates au départ. Trois à avoir déposé un dossier pour la première commission de suivi du plan de départs volontaires TUI/Transat. Leurs motivations professionnelles sont différentes, leurs parcours dans l’entreprise aussi. Mais une chose est sûre: elles ne veulent pas poursuivre au sein de TUI France. Portraits.

Changements de prestataires, fermeture de clubs Lookéa, passage au système Tussy… les équipes Transat ont déjà perçu les modifications liées à la fusion avec TUI. Sans parler des départs qui ont clairsemé les rangs dans les services et du déménagement prévu à Levallois-Perret. Rien d’étonnant donc que 80% des dossiers de demande de départ volontaire émanent de salariés de Transat.

Un pied dans la mode

« J’ai eu une super opportunité, raconte Marielle*. On m’a proposé un job dans une entreprise beaucoup plus petite (moins de 10 personnes) et un secteur complètement différent –la mode- qui me plaît. » Entrée à 21 ans chez Transat France, cela fait un peu plus de 20 ans qu’elle travaille alternativement chez Vacances Transat et Look Voyages, à différents postes.

 

« Le 31 octobre 2016, le ciel nous est tombé sur la tête », se souvient-elle, faisant allusion à l‘annonce du rachat de Transat France par TUI. Au début, Marielle s’est dit qu’elle allait « continuer (son) travail à Levallois » [chez TUI, NDLR]. Suivi des prix à la résa B2B, B2C et sites Internet, son poste inclut beaucoup de temps sur écran. Côté vie perso, la mode l’intéresse et elle s’offre une paire – »pas plus parce que c’est quand même cher » de chaussures de créateur.

 

« J’ai eu l’occasion de rencontrer la créatrice. On a discuté mais je n’aurais jamais imaginé que je pourrais me retrouver dans sa micro-entreprise » explique Marielle. Cette promesse d’embauche  arrive à point nommé. « Si ma demande est acceptée, je vais pouvoir participer à tout, du site Internet aux stocks en passant par l’e-shop et les collections. Cette créatrice me donne ma chance » se réjouit-elle.

Coaching pour enfants

« Cela fait deux années que je réfléchis, raconte Béatrice*. D’habitude, le coaching s’adresse à des employés pour qu’ils soient plus épanouis afin qu’ils réussissent leurs projets. Moi, je m’intéresse aux enfants. » La quadragénaire a passé 17 ans chez Transat France. Opérations terrestres, carnets de voyages, groupes… elle a eu envie depuis deux ans de « se recentrer sur l’humain » et s’est engagée dans les institutions représentatives du personnel.

 

« Avec tout ce qu’il s’est passé dans l’entreprise », Béatrice a désormais envie de revenir « à des choses plus essentielles ». Maman de deux enfants, elle a observé « les changements dans les sphères familiales. Les enfants toujours plus connectés et la communication de plus en plus difficile ». Elle a réfléchi à son projet professionnel. Pour intervenir auprès d’enfants non « pas sur des pathologies lourdes, mais plutôt le manque de confiance en soi, la phobie scolaire, etc. ». Dans un premier temps, il lui faudra une formation.

 

Elle a donc déposé son dossier de candidature pour le plan de départs volontaires. « Ce n’est pas lié à TUI, mais l’entreprise a évolué, cela devient trop grand pour moi » explique-t-elle. Le PDV de TUI prévoit le financement de formations, sous conditions. Si son dossier est accepté, elle pourrait partir en janvier et commencer sa formation de coach. Après, elle devra choisir un statut, entre consultant et auto-entrepreneur.

Revenir dans le Sud

Pour Sophie*, trentenaire avec un peu plus de 7 ans d’ancienneté, le rachat de Transat par TUI a bousculé les choses. « J’aurais été obligée de bouger à cause du déménagement à Levallois » indique-t-elle. Alors j’ai décidé de chercher un autre poste. » Avec Look Voyages pour référence, elle trouve rapidement un emploi chez un autre opérateur de tourisme et demande donc une suspension de contrat.

 

« J’ai trouvé un poste dans le sud de la France. J’en suis originaire et voulais y retourner mais je ne pensais pas si tôt » précise la jeune femme qui est donc partie il y a quelques semaines avec son fils. Jusque-là, « j’étais bien chez Look, ajoute-t-elle. D’ailleurs, c’est un peu ce que j’ai recherché, une entreprise avec cette même ambiance familiale. TUI a un fonctionnement trop industriel pour moi. « 

 

Son conjoint resté à Paris, elle a « pris (son) courage à deux mains » pour bouger. Pas trop longtemps. Il vient tout juste de « trouver lui aussi un poste dans le Sud ». Avec son emploi et son dossier à la commission de suivi, Sophie se projette déjà dans sa nouvelle vie.

219 dossiers en attente de validation

Question d’occasion, de maturation de projets personnels ou professionnels, les candidats au départ font souvent le même constat. « Si les Canadiens ne nous avaient pas vendus, je ne me serais jamais posé la question de partir. » « Tout ne sera pas noir chez TUI mais il y avait un esprit Transat qui n’est plus là, une âme Transat qui se perd. » Ces salariés ont déjà « tourné la page Transat« .

 

Sur le déroulé de la procédure, les candidats au départ soumettent leurs projets (création d’entreprise, formation, reconversion…) via le cabinet de reclassement Arthur Hunt. Les dossiers sont ensuite étudiés en commission de suivi en fonction des postes éligibles au PDV.

 

Pour 301 suppressions de postes inscrites dans le PDV Transat-TUI, trois sessions de commissions de suivi sont prévues : en juillet 2017 pour des départs entre septembre et janvier 2018; février 2018 pour mars-juin et juillet 2018 pour des départs en septembre-novembre 2018. Sur la commission de juillet, 219 dossiers ont été déposés et étudiés. Les validations seront connues le 4 août.

 

*Les prénoms ont été modifiés.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Vos réactions (5)

  1. Finalement on se demande bien ce que TUI a racheté ? pas une équipe, pas un système informatique, pas des immeubles, quand au produit une bonne nego auprès du fournisseur aurait pu faire l’affaire … alors ??
    Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ??

    1. Peut-être cherchent-ils à terme, à mettre en place un portefeuille de marques pour segmenter plus clairement leurs offres et leurs clientèles.
      Les allemands sont des spécialistes (groupe WV par ex).
      Ils ont déjà éprouvé leur savoir faire à l’étranger Lorsqu’ils se sont occupés de la stratégie de développement et de communication du Sud Tyrol en Italie où ils ont su federer autour d’une marque ombrelle 90 marques qui étaient très fortes sur le territoire de destination.
      Il y’a aussi un réseau à restructurer pour mieux toucher les cibles visées et un potentiel important de ressources humaines.
      Il faudrait vérifier si c’est le même cabinet qui conseille TUI car celui du Tyrol était le même que celui qui conseillait un groupe automobile Germanique
      Et aussi observer comment s’est organisée en 20 ans la distribution de ces grands groupes automobiles qui ont bâti à travers des privés un maillage puissant par département et par région pour être présents en cascades jusqu’au consommateur final.
      Et cela dans un contexte assez semblable Puisque la vente auto est aussi confrontée à une distribution dérégulée par l’Ecommerce, par la vente délocalisée…

  2. Pour ceux qui recherchent une nouvelle aventure en province dans une région douce et authentique, chez un voyagiste aux multiples activités et en développement, dans le cadre d’espaces de travail modernes, esthétique et neufs….
    Si vous êtes passionné par le voyage, exigeant pour vous comme pour vos clients, que leur faire plaisir est un désir naturel,
    Si vous êtes créatif, toujours en quête du petit truc en plus qui fait la différence, consciencieux, appliqué, bosseur,
    C’est par ici : http://www.verdie-recrutement.com
    Céline Bonnet – Gestion des carrières chez VERDIE VOYAGES.

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